Paris Décibel

Depuis près de cinq ans, la scène électronique a explosé en France et plus particulièrement à Paris où nombre de collectifs ont émergé au fil des années. Entre clubs, lieux éphémères, événements atypiques et festivals, la capitale connaît une vraie effervescence.

Paris, 1h30 du matin, les noctambules se pressent à l’entrée des clubs de la capitale. Dans une ambiance tamisée, la jeunesse parisienne s’éclate, jusqu’au bout de la nuit, sur les notes d’une musique électronique bien rythmée.
Longtemps considéré comme un sous-genre, l’électro a su s’imposer auprès du grand public français au fil du temps. « Au départ, il y avait beaucoup de clichés. Les gens avaient une vision caricaturale de la techno et du club en général », analyse Julien Delcey, directeur de la Machine du Moulin Rouge. Une vision que la jeunesse parisienne et française ne partage plus. C’est ainsi qu’est né ce mouvement grâce à des gens qui avait envie de se retrouver autour d’une passion musicale. « Et puis, ce n’est pas que de la musique, c’est une ambiance, c’est se retrouver dans des espaces ou pour vivre toute une série de sensations autour de la musique, de la rencontre ou du contact avec les artistes », continue Julien Delcey.

Mine de rien, les artistes de musique électronique se produisent depuis les années 1990. Le genre connaît son premier succès populaire en 1998 avec la victoire de Laurent Garnier, pionnier de la techno française, aux Victoires de la musique avec son titre « Flashback« . Aujourd’hui, la scène électronique est bien implantée : « C’est devenu le genre le plus écouté et pas uniquement en France. Des qu’on sort de chez soi, il y a de l’électro qui passe », constate Benedetta du Camion Bazar, un collectif parisien.

Après des débuts difficiles…

Pourtant, Paris a connu un certain retard par rapport à des villes comme Berlin ou Londres. La musique électronique est disponible seulement chez certains disquaires. À part quelques soirées au Rex, temple de la scène électronique parisienne, la capitale connaît une vraie pénurie de soirées. Depuis maintenant presque cinq ans, elle a bien rattrapé son retard : « Je pense qu’elle est même plus forte que ses voisins européens. Au vu du nombre d’événements qui se font à Paris et en France, je pense qu’aujourd’hui, on est vraiment leader au niveau européen », défend Aurélien Dubois, fondateur de l’agence événementielle Surpr!ze, en charge de Weather, Concrète et Hors-Série. Paris connaît un essor depuis ce qu’on appelle la deuxième vague French Touch, autrement dit le succès des Daft Punk, Justice, Breakbot… Outre les clubs, la capitale compte un grand nombre de rendez-vous tels : le Weather Festival et ses deux éditions (estivale et hivernale) par an, qui s’est installé comme une référence, la Peacock, grand festival parisien créé en 2013 ou dernièrement les soirées Hors-Série, inaugurées en septembre dernier à la gare Saint-Lazare.

… Paris a le son en poupe

Paris possède une scène très compétente et diversifiée. De nombreux collectifs locaux sont déjà bien installés sur la scène parisienne tels que La Mamie’s, D.KO, Cracki… « La scène électronique parisienne est particulièrement riche », estime Julien Delcey. Benedetta, elle, s’enthousiasme : « Je ne suis pas Parisienne, mais quand je suis arrivée il y a quelques années, c’était vraiment pénible parce qu’il y avait très peu d’événements – à part quelques rendez-vous exceptionnels. Maintenant, tout le monde se donne du mal pour proposer des soirées inoubliables que ce soit en terme de musique, de scénographie ou d’animation ». La musique électronique a, sans nul doute, encore de beaux jours devant elle.

Samanta Beltra et Adrien Bonfante

Photo à la une © Jacob Khrist

Écrit par iejpedago