Paris 2024 : une campagne à 60 millions

Tout a un coût dans la vie. Le projet de Paris 2024, porté par le Comité Français du Sport International (CFSI), est évalué à 6 milliards d’euros. Le présenter au Comité International Olympique (CIO) a également un prix, et qui n’est pas des moindres.

Un budget à 60 millions d’euros. Ce n’est pas celui du projet de Paris 2024, ou alors la France serait ridicule. Il s’agit en fait du budget alloué uniquement à la candidature de la capitale. Ces 60 millions sont consacrés au Comité Français du Sport International (CFSI), et servent à présenter un dossier le plus étoffé possible au CIO.

L’organisme rendra sa décision finale en 2017, le temps de répartir ces 60 millions sur deux ans. Une somme qui permettra à Bernard Lapasset (président du CFSI et de l’International Rugby Board – IRB), et Tony Estanguet (triple champion olympique de canöe-kayak), de mener campagne jusqu’à échéance. Un tiers du montant sera issu de fonds publics, un tiers de fonds privés, et le dernier tiers du financement participatif, pour lequel une campagne sera lancée en juin prochain.

Des dossiers toujours plus onéreux

Jean-Loup Chappelet

Jean-Loup Chappelet

Mais alors, pourquoi payer si cher pour un simple dossier de candidature ? Tout simplement parce que le CIO a des exigences extrêmement élevées. «Le budget de candidature sert à financer trois domaines essentiels : le dossier pour le CIO et ses techniciens, la communication vers les médias et le lobbying des votants», affirme Jean-Loup Chasselet, spécialiste du management des organisations sportives et membre du comité de candidature de Sion 2006.

Pour pouvoir répondre à ces attentes, les comités nationaux font appel à un certain nombre de communicants et d’experts. Ces derniers vont servir à «vendre» le dossier auprès du CIO. Depuis quelques années, le prix des dossiers de candidature ne fait que flamber. Tokyo, qui accueillera l’édition en 2020, a dépensé 83 millions de dollars pour s’assurer les faveurs du CIO. Alors qu’Athènes, hôte de l’édition 2004, n’avait dépensé «que» 22 millions d’euros pour mener à bien sa campagne.

Pour montrer que la candidature de Paris est sérieuse, la capitale a dégagé un budget plus de deux fois supérieur à celui de 2012, qui était de 27 millions d’euros. Un budget décent, qui pourrait bien être suffisant. Selon Jean-Loup Chappelet, «60 millions d’euros, c’est une somme convenable pour mener à bien cette campagne. Il faudra juste veiller à être raisonnable avec les sous-traitants».

L’investissement ne garantit pas la réussite

Pour autant, investir massivement sur une campagne de communication n’assure pas à une ville l’organisation des Jeux olympiques. Certains l’ont appris à leur dépens. Istanbul et Madrid avaient tous deux dépensé 55 millions de dollars – plus de 40 millions d’euros – pour arracher l’édition 2020. Un échec cuisant, puisque c’est Tokyo qui a eu les faveurs du CIO.

Florian Huvier

Écrit par rtf