Au fil des années, les Jeux olympiques sont devenus des vitrines de choix pour les différents pays organisateurs. Ces derniers comptent rayonner par la qualité des infrastructures construites ou l’accueil et la sécurité des spectateurs. Mais la recette d’une Olympiade réussie réside également dans les bons résultats des athlètes locaux. Les pays mettent souvent les moyens pour rafler un maximum de breloques en or.

Le succès sportif est d’abord dû aux moyens mis en place pour les entraînements des athlètes. Et pour cela les pays hôtes sont souvent prêts à mettre le prix. La Chine par exemple n’a pas lésiné sur les moyens, en tout ce sont près de 200 000 millions de dollars offerts aux athlètes en lice pour les Jeux de Pékin 2008. Chen Zhili, conseillère d’Etat et première vice-présidente au comité d’organisation des jeux de Pékin à rappeler quelques mois avant le début des Jeux chinois qu’«obtenir de meilleurs résultats aux JO de Pékin 2008 constitue à la fois une importante mission confiée par le pays et le peuple, et un grand souhait des athlètes et des travailleurs du milieu sportif chinois, qui se doit de faire rayonner l’esprit patriotique et redouble d’efforts pour bien préparer la participation des sportifs chinois aux Jeux de 2008.»
Certes, cela ne représente qu’une somme infime comparée aux 42 milliards de dollars dépensés pour l’ensemble de l’organisation des Jeux de 2008, il n’en reste pas moins une dépense que tous les pays ne sont pas prêts à faire. Les Etats-Unis par exemple ne consacrent aucun budget à l’entraînement de ses sportifs, le tout étant intégralement financé par des sponsors privés.

Pour motiver les athlètes, la Chine a également su trouver les bons mots. Selon le projet 119 institué par l’ancien directeur de l’Administration générale de la culture physique et du sport en Chine, le sportif ramenant l’or à son pays touchera une récompense de l’Etat allant jusqu’à 1 million de yuans (soit 100 000 euros). Au total, les Chinois ont ramené 119 médailles lors des Jeux de Sidney en 2000, finissant 3e au tableau des médailles. De plus, au niveau provincial et départemental, d’autres primes ont été instaurées pour permettre l’essor d’une élite sportive chinoise. De quoi tirer un maximum profit des ressources internes du pays, et faire étalage de la puissance du système chinois.

La réussite des athlètes tient souvent à un bon entraîneur

Mais exploiter au mieux le potentiel des athlètes locaux n’est pas toujours possible sans l’aide d’entraîneurs expérimentés. Les clubs n’hésitent plus à aller chercher des entraîneurs étrangers. En 10 ans (depuis Athènes 2004), ce sont plus de 60 entraîneurs étrangers qui sont arrivés sur le sol chinois pour combler les manques d’une vingtaine de disciplines majeures aux JO. Et les étrangers ne se déplacent pas pour rien, ils reçoivent un chèque en conséquent, jusqu’à 500 000 dollars pour certains d’entre eux. De quoi motiver le staff sportif avant les Olympiades.
Pour les Jeux de Sotchi 2014, les Russes ont également rapatrié d’anciens entraîneurs de l’URSS partis depuis dans d’autres pays. En patinage artistique par exemple, les entraîneurs de l’URSS étaient considérés comme les meilleurs au monde.

Naturalisation à tout va

Et si la combinaison entre entraîneurs étrangers et athlètes locaux ne fonctionne pas, les pays ont trouvé une autre méthode efficace : naturaliser des sportifs étrangers. Pour la plupart au-dessus du niveau du meilleur local, mais souffrant d’un niveau trop élevé dans leur propre pays, ils partent courir pour une nouvelle nation. Certains peuvent aussi passer le cap de la naturalisation quand son pays d’origine manque de moyens pour lui offrir un entraînement de qualité.
Il n’en reste pas moins compliqué de justifier cette décision dans le milieu sportif. Du côté des athlètes eux-mêmes, les sportifs étrangers apparaissent comme illégitimes à porter le drapeau d’un autre pays.

Quand les spectateurs donnent des ailes

L’argent ne fait pas le bonheur, ou pas complètement. Il est prouvé que l’aspect psychologique des JO à domicile a également une forte influence sur la performance des athlètes. Les psychologues sportifs expliquent le phénomène par la foule présente pour supporter leurs sportifs, qui les transcende souvent. Les performances sont alors exacerbées par l’envie de faire honneur à leur nation et aux milliers de spectateurs qui, le jour de la compétition, attendent d’eux qu’ils rayonnent au niveau international. De plus, les coureurs à domicile ont moins de contrainte tant qu’à l’adaptation au climat, à la nourriture ou au décalage horaire. Ils sont dans leur élément, chez eux, ce qui leur apporte une dope naturelle pour appréhender cette course à l’or.

Anaïs Urbain

Écrit par iejpedago