Paris 2024 : comment la balance a penché en 5 actes

Anne Hidalgo devrait finalement défendre une candidature de Paris aux Jeux Olympiques 2024. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Retour sur une polémique en cinq actes.

 

  • Acte I : L’État et les sportifs travaillent sur une candidature

Le 31 janvier 2014, les représentants de l’État et des grandes institutions sportives présentent les grandes lignes d’un calendrier, qui pourrait aboutir à une candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Denis Masseglia, président du comité national olympique et sportif français, Valérie Fourneyron, ministre des sports, et Bernard Lapasset, patron du comité français du sport international (CFSI), font savoir qu’ils refusent de partir « la fleur au fusil », comme ce fut le cas lors des précédentes campagnes (Paris 2012, Annecy 2018).

 

  • Acte II : François Hollande relance l’idée

Le 6 novembre 2014, François Hollande se dit favorable à une candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Pour le chef de l’État, l’organisation des Jeux sera l’occasion « d’un moment de ferveur ».

Interrogé par TF1 lors d’une émission spéciale, François Hollande défend la pertinence de son projet. Le président de la République affirme qu’il « apportera plein d’équipements, plein d’emplois, plein d’industries qui pourront se montrer ».

Acte III : Anne Hidlago répond “slow down”

Dès le lendemain, le 7 novembre, Anne Hidalgo tempère l’enthousiasme. « Je ne suis pas dans la surenchère ni dans les rêves, explique la Maire de Paris, parce que je sais ce qui se passe quand le rêve se fracasse. » Et la Maire de Paris de souligner l’épineuse question des coûts et d’insister sur la nécessité de « méthodes sérieuses et rigoureuses pour se décider ».

Sur Twitter, l’élue socialiste détaille ses conditions à l’organisation des Jeux. Elle souhaite « l’éthique et la transparence, un nouveau modèle économique, l’exigence environnementale ».

  • Acte IV : Un rapport relativise le coût des Jeux

Le 12 février 2015, un rapport de viabilité demandé par la mairie de Paris est rendu. Il indique que le projet devrait avoir « un coût réduit puisqu’il pourrait s’appuyer sur de nombreuses infrastructures existantes et celles déjà programmées dans le cadre du développement du Grand Paris, notamment dans le domaine des transports. »

Sur Europe 1, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner emboîte le pas aux auteurs du rapport : « L’essentiel des équipements existe déjà : Roland Garros, le Stade de France, Paris-Bercy, le Vélodrôme de Saint-Quentin-en-Yvelines… Il n’y a donc pas de danger de débordement. »

 

  • Acte V : La Mairie de Paris déclare en avoir « envie »

Après avoir finalement déclaré qu’elle « en aurait envie » le 10 février, Anne Hidalgo emploie désormais le présent. La Maire de Paris déclare, après la sortie du rapport : « Il faut poser les bases d’une candidature solide ». Elle annonce, par ailleurs, ne pas vouloir « choisir entre les J.O. et l’Exposition universelle (de 2025) ». Et l’élue socialiste de rajouter : « Aujourd’hui, avec le travail sérieux que vous avez faits, nous faisons un pas de plus, déterminant dans l’engagement de Paris et de la France dans la compétition olympique. Ce rapport est un élément décisif ».

« Ce qui s’est passé aujourd’hui me donne la possibilité de prendre un engagement », déclare dans la foulée le président de l’International Rugby Board (IRB, organe suprême du jeu), qui devrait quitter ses fonctions à la fin de son mandat, fin 2015.

Guillaume Barki et Maxime Magnier

Écrit par mmy