Mobilisation des taxis, pourquoi une nouvelle grève ?

Sept mois après leur mobilisation spectaculaire de juin, les taxis appellent à nouveau à la grève nationale demain. Une initiative qui amène à se poser beaucoup de questions sur leurs motivations.

Quelle est la source de leur contestation ?

Initialement, c’est l’arrivée sur le marché français des VTC (Voiture de Tourisme avec Chauffeur) qui ont irrité les chauffeurs taxis. Pourquoi ? Parce ces sociétés (comme l’américain Uber arrivé il y a 4 ans) n’ont pas l’obligation de fournir une licence (très onéreuse pour les taxis) à leur chauffeur. De plus, elles offrent un service différent et très avantageux pour les bénéficiaires. A titre d’exemple, il est possible de réserver un VTC à l’avance. Il est également possible de connaître la somme à régler ainsi que les détails du trajet avant même de le commencer. Ce qui n’est pas possible avec les taxis qui estiment que c’est de la concurrence déloyale.

Que reprochent-ils à la loi Thévenoud ?

Entrée en application en octobre 2014, la loi Thévenoud était censée encadrer les activités des VTC. Elle imposait notamment aux chauffeurs VTC de se fournir une licence ainsi qu’une carte professionnelle. Or, les taxis estiment que ces conditions ne sont pas respectées. Selon eux, près de la moitié ne suivraient pas ces obligations et fustigent à nouveau une concurrence injuste.

A lire aussi : Heetch, l’application de covoiturage nocturne pour vos fin de soirées

Quelles solutions préconisent-ils ?

En premier lieu, de « respecter la loi » comme l’exige Serge Metz, le patron de G7 (société privée qui délivre les licences aux taxis). Et plus fermement, de renforcer les contrôles sur leurs concurrents. L’objectif étant d’éviter que des services comme comme l’application Heetch (qui gère les déplacements des jeunes sortant la nuit) puissent proliférer d’avantage. Car selon les taxis, Heetch fait beaucoup travailler au noir. « L’Etat est totalement dépassé par l’ampleur et le rythme de la concurrence » dénonce un représentant de taxis.

C’est au minimum ce que ces derniers essayeront de faire comprendre demain.

 

 

Nicolas Lecompte-Boinet

Écrit par Nicolas Lecompte Boinet