Millas : «Je ne pense qu’à ça, je n’arrive plus à dormir»
Quatre jours après le drame fatal à cinq collégiens, les cours ont repris dans l’établissement Christian Bourquin de Millas. Mais il faudra beaucoup de temps pour se relever.
Lundi noir. Les collégiens scolarisés à Millas, ce village des Pyrénées-Orientales situé à une vingtaine de kilomètres de Perpignan, s’apprêtent à reprendre le chemin des cours. Quatre jours après l’accident qui a coûté la vie de leurs camarades et en a blessé 18 autres, les élèves sont sous le choc. Élève en cinquième, Amelys, contactée par France Info ne pense pas encore à revenir de sitôt dans son établissement : «Si j’y vais, je pense que ça serait trop dur, que je n’arriverai pas à travailler». Amie proche des victimes, cette jeune adolescente est abattue «Je ne pense qu’à ça, je n’arrive plus à dormir. Je ne veux pas y croire ».

Une cellule psychologique mise en place

Vendredi dernier, les cours ont été logiquement suspendus et une cellule psychologique a été mise en place pour permettre aux élèves d’évoquer le drame et leurs sentiments. Scolarisée à Christian Bourquin en classe de 6ème, Lucie a raconté à 20 Minutes qu’elle se trouvait dans le bus qui suivait celui qui a percuté le TER. «C’est choquant, cela fait peur», a témoigné l’adolescente, dont une amie a été blessée aux jambes : «On n’a plus envie de prendre le bus».

Essentiel pour commencer le travail de deuil, l’accompagnement psychologique se poursuivra toute la semaine. Il permettra également de «détecter les gens qui sont très fragiles», ajoute le docteur Abdelkader Taoui, médecin de l’Éducation nationale et membre de la cellule d’aide. Une soixantaine de psychologues, d’infirmières mais aussi d’assistantes sociales sont mobilisés et mis à disposition des collégiens. «Cela nous a fait du bien», a confié une autre élève à 20 Minutes. «Ils nous ont demandé de prendre l’image qui nous a le plus choqués, puis ils ont parlé avec nous, cela nous a apaisés.»

Quentin Marchal

Écrit par IEJ3A

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