Migrants en Libye: les voix s’élèvent pour dénoncer le retour de l’esclavage

Suite à la diffusion d’une vidéo sur la chaîne d’infos en continu CNN montrant des migrants africains vendus aux enchères en Libye, une indignation générale a été déclenchée. Dans le lot des coupables, l’Union Européenne est visée.

 

Le reportage sur CNN a mis le feu aux poudres. Ces images choquantes diffusées par la chaîne americaine montrant un marché aux esclaves de migrants subsahariens ont suscité un déchainement de réactions. Le président de l’Union africaine, a exprimé «son indignation» ainsi que le président nigérien qui a demandé à ce que le sujet soit traité en priorité au sein de l’Union Africaine. Le haut-cnommissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, parle alors d’«esclavage des temps modernes», et dénonce l’aide de l’Union européenne.

En France, une tribune publiée dans le quotidien Libération a été signé par un bon nombre de personnes afin de pointer du doigt plusieurs organisations internationales. Les signataires accusent alors l’Union européenne d’immobilisme, c’est à dire une certaine disposition à se satisfaire de l’état politique présent, et d’avoir une responsabilité morale dans cette affaire. Une pétition a été mis en place pour faire réagir l’Union européenne. Le durcissement des mesures législatives et des contrôles sécuritaires aux frontières, avec l’aide de l’Union européenne, n’a pas semblé décourager les migrants et les passeurs pour lutter contre ce fléau.

Des oeillères à l’international

Il y a des mois que la situation a été dénoncée par les ONG, car si l’ampleur des réactions est assez vive, les révélations sur le trafic des migrants en Libye ne sont pas récentes. En avril dernier, l’Organisation internationale pour les migrants avait déjà alerté ces «marchés aux esclaves». Elle a également dénoncé des cas de torture commis en Libye sur des migrants séquestrés. Le Haut-Commissariat de l’ONU évoquait aussi des cas d’exploitation sexuelle et de travail forcé. Face à la situation, des mesurés ont été lancées avec une procédure d’évacuation de certains réfugiés vers la France qui a été organisée depuis plusieurs semaines. Le 18 novembre, une manifestation contre l’esclavage des migrants a rassemblé des centaines de personnes devant l’ambassade de Libye à Paris. Emmanuel Macron s’est engagé, au début du mois d’octobre, à accueillir 10.000 réfugiés d’ici à 2019, dont 3000 issus des «missions de protection avancées» de l’Office français de protection de réfugiés et apatrides au Niger et au Tchad.

Loreleï Furey

Écrit par IEJ3B

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