Marie Ekeland quitte le Conseil national du numérique

Huit jours après sa nomination à la tête du Conseil national du numérique, Marie Ekeland a rendu la démission de ses trente collaborateurs ainsi que la sienne, refusant de se plier à l’injonction gouvernementale la sommant de remplacer certains membres, à l’image de Rokhaya Diallo. 

Marie Ekeland, l’ex-présidente du Conseil national du numérique vient d’annoncer dans un communiqué qu’elle déposait sa démission ainsi que celle de ses trente collaborateurs. Elle et le secrétaire d’État au numérique avaient « beaucoup travaillé avec les membres du CNNum à trouver une solution qui permette d’en conserver son intégrité et son entièreté. Nous n’y sommes pas arrivés ».

Sa démission vient donc confirmer l’échec de Mounir Mahjoubi, bien que ce dernier a d’ores et déjà prévu de nommer un nouveau président ainsi qu’un nouveau collège d’ici à la fin de l’année pour que le Conseil national du numérique soit opérationnel dès le début de l’année prochaine.

Rokhaya Diallo écartée à cause de ses positions politiques

La faute à la polémique entourant Rokhaya Diallo, jugée « inapte » pour un tel poste par le secrétaire d’État au numérique. Ce dernier avait demandé à la fondatrice du fonds d’investissement de remanier son équipe pour faire taire les diverses critiques adressées à la fois à Rokhaya Diallo, et par extension au gouvernement.

La nomination de Rokhaya Diallo par Marie Ekeland la semaine dernière avait fait couler beaucoup d’encre, le gouvernement allant jusqu’à demander son éviction du CNNum pour que « la sérénité » y soit maintenue. De nombreuses voix s’étaient élevées contre l’activiste, lui reprochant notamment certaines positions jugées maladroites.

Féministe, anti-raciste et anti-islamophobe, elle avait en 2011 critiqué « l’union sacrée » faite autour de Charlie Hebdo, alors à l’époque victime d’un jet de cocktail molotov sur ses locaux.

 

Un Conseil pas si indépendant que ça 

Initialement, le gouvernement avait pour projet de donner au Conseil national du numérique une liberté inédite, donnant à sa présidente Marie Ekeland l’indépendance nécessaire pour former comme elle entendait son équipe. Il semblerait que sous la pression des critiques portées vers Rokhaya Diallo, cette liberté qui était inhérente au projet global ait été bridée progressivement.

Marie Ekeland précise dans son communiqué que « la forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance « , ce que Mounir Mahjoubi admet, : » l’indépendance, ça ne veut pas dire ‘trop loin' ».

Rafaello Pisu

 

Écrit par IEJ3A