« Make Israel great again ! »

En matière de politique étrangère, le président américain a toujours affiché sa proximité avec l’état hébreu. Durant la campagne, Donald Trump ne mâchait pas ses tweets contre l’administration Obama, dont les relations avec Benjamin Netanyahou s’étaient profondément dégradées. Après l’annonce mercredi 6 décembre de reconnaître Jérusalem comme capitale, retour sur un durcissement annoncé de la politique américaine pro-israélienne.

    • 22 mars 2016 – Lors d’une conférence de l’AIPAC (American Israel public affairs commitee), l’un des plus puissants lobbies juifs des Etats-Unis, Donald Trump, alors en pleine campagne, annonce vouloir reconnaître Jérusalem en tant que capitale de l’état hébreu et transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la Ville sainte, s’il est élu. Ajoutant, au passage, « Monsieur Obama est peut être la pire chose qui soit arrivée à Israël ».
    • 23 décembre 2016 – La passation de pouvoir entre Barack Obama et Donald Trump n’a pas encore eu lieu mais le futur président américain attaque déjà son le bilan de son prédécesseur. A la suite de la validation historique d’une résolution de l’ONU, condamnant la colonisation israélienne, le milliardaire déclare dans un tweet lapidaire : « Après le 20 janvier, les choses seront différentes ».

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  • 16 février 2017– Alors fraîchement élu, Donald Trump s’empresse d’inviter son homologue israélien à la Maison Blanche. Au détour d’une question anodine posée par un journaliste, le chef d’Etat américain déclare avec cette candeur déroutante qui le caractérise être favorable à la solution à un Etat.
  • 22 mai 2017 – En visite à Jérusalem, Donald Trump, coiffé d’une kippa, se recueille devant le mur des lamentations. Il est le premier président américain en exercice à effectuer ce rituel. L’événement est alors considéré comme une reconnaissance implicite de la souveraineté d’Israël sur la Ville sainte.
  • 6 décembre 2017 Trump annonce la décision unilatérale des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat Hébreux. Dans la foulée, une résolution votée par 14 pays – dont la France – condamne la décision du président américain, qui décide d’y opposer son véto.

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En considérant Jérusalem comme capitale, Donald Trump a réalisé une de ses promesses de campagne. La suite voudrait que les Etats-Unis y transfert leur ambassade. Réprouvé unanimement par le conseil de sécurité de l’ONU, le camouflet subit cette nuit par l’administration Trump risque encore d’éloigner de l’Organisation internationale son principale contributeur. Pas sûr non plus que cette prise de position soit d’une réelle aide pour son allié israélien, car en réveillant une crise jusqu’alors apaisée au Proche-Orient, le grand perdant pourrait bien être l’Etat hébreu.

 

Hubert Mary

Écrit par IEJ3DWEB

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