Macron au Niger : qu’est-ce que l’opération Barkhane ?

Entre son anniversaire et les fêtes de Noël, le président de la République se rendra ce soir au Niger, pour apporter son soutien aux militaires de l’opération Barkhane, la plus importante opération extérieure française.

Au lendemain de son anniversaire, Emmanuel Macron se rendra ce vendredi 22 décembre au Sahel, en compagnie des forces françaises déployées au Niger. Une semaine après un sommet sur le Sahel s’étant déroulé à Paris, le président de la République y visitera, à l’aéroport de Niamey, la base de l’opération Barkhane, où sont stationnés quelques 500 soldats français. L’occasion pour lui d’apporter son soutien à ce qui n’est autre que la plus importante opération extérieure française, avec près de 4000 soldats engagés, sur les 20 000 au total.

« Vous êtes nos sentinelles, notre rempart contre les débordements du terrorisme et du fanatisme », lançait Emmanuel Macron aux militaires engagés dans l’opération Barkhane, avec lesquels il avait longuement discuté, en mai dernier, au Mali. «Il faut accélérer, on sait où sont les difficultés et ce que nous devons faire. Faisons-le sans baraguigner», ajoutait-il, déterminé à apaiser une région qui en a grand besoin.

Réduire les moyens d’actions des terroristes au Sahel

Grande soeur de l’opération Serval, qui avait par ailleurs coûté la vie à dix militaires français au Mali entre janvier 2013 et juillet 2015, l’opération Barkhane a les mêmes objectifs que sa cadette. En effet, baptisée du nom d’une dune prenant la forme d’un croissant sous l’effet du vent en août 2014, son rôle consiste à appuyer les armées des pays sahéliens, comme celles du Burkina Faso ou le Mali.

Zone d’action et moyens logistiques de l’opération au Sahel (Crédit : Ministère de la Défense)

Des armées trop faibles pour traquer les dizaines de groupes jihadistes qui se fondent dans la population, financés par des trafics de toutes sortes, dans une région semi-désertique vaste comme l’Europe. Les opérations visent à réduire la liberté d’action des terroristes et à les priver de leurs moyens de combat, par le démantèlement de leurs caches d’armement, de munitions, d’explosifs et de moyens de communication. Depuis le mois d’août 2014, Barkhane a par exemple permis de saisir ou de détruire près de 2 tonnes de munition par trimestre.

D’importants moyens mis à disposition

Près de 4000 militaires sont déployés, dans le cadre de l’opération Barkhane. Depuis le 27 juillet 2017, ils sont placés sous le commandement du général de division Bruno Guibert, qui opère depuis un poste de commandement interarmées de théâtre unique, stationné à N’Djamena, au Tchad. Le dispositif de Barkhane s’articule autour des trois points d’appui permanents : Gao au Mali, Niamey au Niger et N’Djamena au Tchad.

Pour agir dans les zones les plus reculées, aux côtés des armées partenaires, des détachements sont également déployés sur des plateformes désert-relais ou sur des bases avancées temporaires. L’opération mobilise aussi huit avions de chasse, six à dix avions de transport, cinq drones Reaper, 300 blindés et 300 véhicules logistiques, ainsi que des équipements soumis à rude épreuve.

Moyens et missions de l’opération Barkhane.
(Crédit : « Dossier de Presse Barkhane » / Ministère de la Défense)

« Il nous faut gagner la guerre contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. Or elle bat son plein. Il y a des attaques chaque jour, il y a des Etats qui sont aujourd’hui menacés », s’est alarmé Emmanuel Macron au cours d’un sommet de soutien à la force G5 Sahel, la semaine dernière.

Toutefois, Paris espère que la montée en puissance de l’opération permettra de réduire  ses effectifs, mais « cela sera décidé en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain », selon l’Elysée.

Simon Fuentes

 

 

Écrit par IEJ3A

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