Invité du JT de France 2 hier, Nicolas Sarkozy est revenu sur les propositions de Manuel Valls, estimant qu’elles étaient une perte de temps.

Nicolas Sarkozy s'en frotte les mains ©World Economic Forum swiss-image.ch/Photo by Moritz Hager

Nicolas Sarkozy s’en frotte les mains
©World Economic Forum
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Le temps de l’unité nationale vient de prendre fin. Invité de David Pujadas sur France 2, le patron de l’UMP a renfilé son costume de représentant de l’opposition pour tacler les « mesures exceptionnelles » de Manuel Valls face au terrorisme.

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« Il nous faut calibrer les réponses sur le diagnostic que nous faisons. Nous n’avons pas de temps à perdre », a-t-il lancé, balançant toute responsabilité sur le dos de son successeur.

Et pour aller plus vite, l’ancien chef de l’Etat y va de sa propre proposition : travailler plus pour surveiller plus. Il souhaite en effet rétablir les heures supplémentaires des services de police et de renseignement, au lieu d’augmenter les effectifs par une vague de recrutement.

Un rétablissement qui représenterait, selon lui, « 4.000 équivalents temps plein de plus tout de suite », alors que les mesures du Premier ministre prendraient au moins « deux ans » à se mettre en place.

Cacophonie politique

En bon chef de l’opposition qu’il est, Nicolas Sarkozy n’a pas non plus oublié de railler Manuel Valls sur son « apartheid » au sein des banlieues. « Comparer la République à l’Apartheid est une faute (…) Je suis consterné par cette expression », a déploré l’ancien chef de l’Etat.

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Ce à quoi le gouvernement n’a pas souhaité répondre. Son porte-parole, Stéphane Le Foll, a estimé ce jeudi ne pas vouloir entrer « dans un jeu de posture, de chamailleries et de politicailleries », le débat actuel impliquant « d’être à la hauteur des enjeux ».

D’autres socialistes ont, quant à, eux démontré que la proposition de Nicolas Sarkozy sur les heures supplémentaires n’était pas une nouveauté. Selon Marie-Pierre de la Gontrie, conseillère régionale socialiste d’Ile-de-France, augmenter de nouveau ces heures supplémentaires ne serait pas réalisable, les effectifs de la police ayant été massivement tronqués sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Mais le patron de l’UMP n’en a que faire de la ligne politique du gouvernement après les attentats. « Et puis, son union nationale, à Hollande, ça commence à me courir ! », aurait-il lâché en privé comme le rapporte Le Canard enchaîné. L’unité nationale aura donc été de courte durée.

 

Solène Collas

Écrit par Solène Collas