Lutte contre le blanchiment d’argent : la Banque Postale en ligne de mire

Le gendarme des banques signale que des failles dans les dispositifs de la Banque Postale sont à déplorer. (Capture d’écran labanquepostale.fr)

Dans le cadre d’une enquête préliminaire de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), la Banque Postale est ainsi accusée d’un manque d’obligation du dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

La Banque Postale se trouve pointée du doigt par une commission d’enquête préliminaire. Selon le site indépendant d’information Les Jours, la banque est accusée d’un manquement d’obligation dans la lutte contre le blanchiment d’argent ainsi que dans le financement du terrorisme. Selon cette même source, l’enquête ouverte par le parquet de Paris a été transmise en septembre dernier à la brigade financière.

L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), l’institution française chargée de la supervision des banques et des assurances, déplore un «ensemble de dysfonctionnements» pour la Banque Postale. Ces dysfonctionnements suspects auraient fait profiter des clients douteux qui seraient notamment liés à une banque syrienne blacklistée par l’Union Européenne, dépourvue de tout contrôle, a constaté cette institution qu’on surnomme souvent le « gendarme des banques ».

 

Des transferts d’argent douteux

 

Les transferts douteux concernent les mandats cash, un dispositif qui permet d’envoyer de l’argent rapidement à un tiers. Il s’agit d’un dispositif souvent décrit comme frauduleux, particulièrement dans le cadre du terrorisme. Ainsi, le manque de suivi des clients de la Banque Postale est remis en cause alors que la réglementation bancaire du service établit des procédures sévères dans le contrôle de ces clients. Toutefois, la Poste avait fait valoir cet été, que sur ces cinq dernières années, l’usage du mandat cash avait diminué de 25%. Le gel des avoirs, un système permettant de bloquer les comptes et les capitaux de toute personne ou entreprise qui a été sanctionné par les autorités, a également révélé des failles.

L’ACPR reproche aussi à la banque des «carences du système de filtrages». Selon elle, plusieurs dizaines d’opérations étaient liées à des personnes qui ont fait l’objet de sanctions financières notamment dans le gel de mesures françaises et européennes.

La Banque Postale est accusée d’avoir retirée de sa liste noire la Saving Bank, une banque syrienne qui est directement liée à Bachar Al-Assad. La Saving Bank est très répandue au sein de l’Union Européenne car elle déclenche plusieurs alertes.

Selon Reuters, la banque relate dans un communiqué « avoir pris connaissance d’un pré-rapport » du gendarme des banques suite à l’enquête du dispositif de lutte anti-blanchiment et de financement du terrorisme. D’après un porte-parole du groupe bancaire à nos confrères du Monde, «La Syrie figure sur la liste des pays sous embargo et aucune opération n’a été faite entre la Banque Postale et la Syrie». La procédure est toujours en cours.

 Mehdi Bautier

Illustré par Benjamin Teil

Écrit par IEJ3B

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