L’univers de l’espionnage, loin des clichés de 007

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblait l’univers de l’espionnage ? Le Musée des Archives, avec l’exposition « Secret de l’Etat : Surveiller – Protéger – Informer » nous propose une immersion dans ce monde peu connu, à travers des objets et documents inédits, dont certains résonnent particulièrement aujourd’hui.

On fantasme souvent sur l’univers des espions, très souvent exploité dans la culture populaire. Pourtant, l’espionnage est loin des clichés que l’on s’imagine, comme nous le fait découvrir la première exposition consacrée à un tel sujet.

L’exposition explique donc l’histoire de l’espionnage, de la fin de l’Ancien Régime au XXIème siècle, et lève ainsi le voile, de façon parfois ludique, sur le renseignement français.

En partenariat avec le Ministère de la Défense, le Musée des Archives, nous présente des objets inédits, jamais révélés au public auparavant. Des archives si vieilles et qui, pour certaines, paraissent pourtant si actuelles. Le « Secret du Roy », service de diplomatie secrète mis en place par Louis XV pour contrôler les ministres, ferait ainsi presque écho à l’affaire Wikileaks. Comme quoi, trois siècles n’ont pas permis tant d’évolution…

En admirant les différents gadgets, on se croirait presque dans un film. D’ailleurs, on retrouve ces fameuses machines Enigma, mises au point par les nazis, pour crypter leurs messages. Le code avait été craqué par le mathématicien Alan Turing, dont l’histoire avait fait l’objet d’un film à Hollywood en 2014. C’est finalement la part des sciences et de la technologie qui marque le plus. Avec le chiffrage, ce sont les mathématiciens qui ont le pouvoir, puisque la révolution industrielle a bouleversé les traditionnelles écritures secrètes. Informatique et électronique sont les ressorts de cette société de l’information.

Enigma ©Wikimedia Commons

Enigma
©Wikimedia Commons

Pas si différent d’aujourd’hui finalement, puisque les batailles du renseignement portent souvent sur la capacité de protéger l’information et d’accéder à celle de l’adversaire, d’où l’importance de la numérisation des données et du big data. Mais l’évolution reste considérable. Et quand on voit que le code de la bombe atomique était griffonné par De Gaulle sur un bout de papier caché dans sa montre, on reste un peu stupéfait.

Écrit par Juliette Hirsch