L’Ubérisation, qu’est-ce que c’est ?

Néologisme créé à partir de la start-up Uber, « l’ubérisation » est depuis plusieurs mois l’enjeux majeur mis en avant par les acteurs politiques et économiques. On essaie d’y voir plus clair. 

Le mot « ubériser » entre dans le dictionnaire en mai 2016.

  • UBÉRISER v. tr. Déstabiliser un secteur économique donné avec de nouveaux moyens de communications et de nouveaux modèles économiques. Amazon ubérise le secteur de l’édition.  n.f.ubérisation (définition non-officielle)

Un terme nouveau mais qui ne vous est pas totalement inconnu. C’est parce qu’il est un néologisme formé à partir du nom de la start-up californienne Uber.

Un choix terminologique qui n’est pas tout à fait du goût de Grégoire Leclercq, fondateur de l’Observatoire de l’Uberisation « le mot plateforme me semble plus adapté. C’est une révolution des plateformes » explique-il.

L’ubérisation c’est le référencement dans une place de marché de milliers de clients et de prestataires interagissant via cette plateforme digitale, mobile, ergonomique et simple. Elle se caractérise par un marketing souvent décalé et jeune avec notamment un système de notation.

Grégoire Leclercq fondateur de l’Observatoire de l’ubérisation

« Une révolution industrielle » selon Grégoire Leclercq, comme il y en a eu par le passé « quand on a remplacé les cochers par les automobiles c’était un nouveau modèle économique. L’ubérisation ce n’est qu’une énième révolution industrielle »

Et si il est question de révolution, c’est bien parce que de nombreux secteurs sont concernés.

 

 

 

Uber s’est attaqué à l’intouchable, le service chauffeur taxi dans les grandes villes à bas prix.

 

 

 

 

Pour se loger à la nuit, Airbnb fait un pied de nez aux hôtels et permet aux particuliers de louer leur logement de manière simple et rapide.

 
Mais aussi Amazon, qui réinvente l’édition et donne aux écrivains la possibilité de publier leurs œuvres en ligne.

 

 

 

Quels avantages ?  

Pour le consommateur, c’est tout bénéf’. L’ubérisation permet souvent d’accéder aux services à des prix très avantageux rapidement en raison de l’absence d’intermédiaires. Il a alors accès à des prestations auxquelles il ne pouvait pas prétendre auparavant. Mais la qualité du service n’en est pas moins affectée, au contraire, l’ubérisation repense entièrement les services proposés.

Pour les prestataires, les avantages sont moins évidents. Le premier et non des moindres : ils ont du travail. Mais l’argument selon lequel l’ubérisation serait un remède au chômage est fortement controversé : « c’est la première fois qu’une révolution industrielle crée de la valeur en détruisant de l’emploi » explique Grégroire Leclercq. Mais l’ubérisation leur permet d’être leur propre patron.

 

Quels inconvénients

Pour les consommateurs les inconvénients sont rares. Le principal étant celui de ne plus avoir le choix. L’ubérisation se généralise à grande vitesse.

Les désavantages pour les prestataires sont beaucoup plus évidents. D’abord, ils ne bénéficient pas de contrat de travail. « On met les prestataires dans une situation assez précaire. Ces plateformes s’engagent peu sur la protection sociale, sur une indemnisation en cas de déréférencement, elles sont assez peu transparentes sur les critères de radiation.  » Ils ne sont donc pas couverts en cas de maladie, n’ont pas de congés payés et ne représentent rien pour Pôle Emploi.

On vous donne « 2 minutes pour comprendre » avec AlterEcoPlus :

Pour l’Etat, l’ubérisation peut causer certains problèmes. Le phénomène reconnu comme tel étant assez récent, il ne s’est pas encore adapté : « il faut encadrer cela par la loi, par des propositions simples, c’est un gros travail « . C’est que l’Etat peut perdre beaucoup. Pour les prestataires, il est assez facile de dissimuler une partie de leurs bénéfices ou d’échapper à l’imposition.

 

Certaines start-up uberisées ne sont plus en dehors de lois. C’est le cas des logeurs/logés d’airbnb qui sous soumis désormais à une taxe de séjours conformément à l’article L.2333-34 du CGCT modifié par LOI n°2014-1654 du 29 décembre 2014 – art. 67 .

Lina EL ARABI

Écrit par Lina Elarabi