Lorsque Microsoft sort son chéquier

Sous le mandat de François Hollande, les grands patrons ont pris l’habitude de rendre visite au locataire de l’Elysée. Tour à tour ils ont multiplié les chèques dédiés au numérique. Le dernier en liste, Microsoft.

logo du premier éditeur de logiciels mondial source: google image

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source: google image

Satya Nadella, le patron de MICROSOFT n’est pas venu les mains vides. C’est la première fois qu’il rencontrait le Chef de l’Etat. Et ce dernier n’a pas dû être mécontent de cette rencontre inédite. Et pour cause le numéro un de la firme américaine a apporté dans sa besace quelques 83 millions d’euros d’investissement. De quoi réjouir également Emmanuel Macron depuis Bercy. Qui a d’ailleurs multiplié les inaugurations  ces derniers temps, des nouveaux centres de recherches de Facebook, Intel, Samsung et Salesforce.

Un secteur du numérique en pleine expansion en France.

Ces 83 millions d’euros de la part du premier éditeur de logiciels mondial, vont donner le coup d’envoi à un nouveau programme d’aides aux start-up de la « French-tech ». Fournir aux jeunes pousses des services de « cloud ». Qui est une sorte de gigantesque nuage de mémoire informatique qui plane au-dessus de nos têtes et à laquelle on peut accéder de n’importe où. Et ce, en partenariat avec une dizaine d’accélérateurs en France, ces nids à start-up parmi lesquels le Numa, à Paris, ou Euratechnologies, à Lille. La première année, 300 start-up devraient bénéficier des 70 millions d’euros investis. 13 autres millions d’euros que le géant du logiciel veut dédier à un partenariat avec l’Education Nationale visant à aider le déploiement du numérique à l’école. A l’étude, l’utilisation du jeu « Minecraft »  pour l’apprentissage du code.

Le gouvernement Français en dissymétrie totale

Alors que les investisseurs étrangers dans le secteur du numérique fleurissent en France, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat  au numérique porte un projet de loi. Qui comporte des mesures anti-géants américains, comme la régulation des plates-formes ou la portabilité des données, facilitant leur récupération par les internautes. Parallèlement le ministre de l’économie promeut des dispositions  destinées à renforcer l’attractivité de la France et à attirer les capitaux étrangers. De plus, la version finale du texte de Mme Lemaire, présentée vendredi dernier, aurait défavorisé Microsoft à deux jours de la visite de Satya Nadella à Paris.  Frédéric Couchet, délégué général de l’April, une association de défense du logiciel se désole de cette situation « Voilà dix ans que je propose une rencontre avec Richard Stallman (l’initiateur du mouvement du logiciel libre), en vain. C’est sûr que lui n’arrive pas avec son chéquier. »

Chez Microsoft, on tente de se démarquer en rappelant que l’éditeur de logiciels, sur une dizaine d’années, a aidé 1 500 start-up, parmi lesquelles Criteo, et créé 7 000 emplois dans l’Hexagone.

Les géants américains n’ont plus qu’à espérer que M. Macron l’emportera face à sa secrétaire d’Etat.

Pierre-Ivan d’Arfeuille

Écrit par noyaudur