L’ONU s’inquiète d’un possible génocide au Soudan du Sud

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est réuni mercredi 14 décembre en session spéciale afin d’alerter les autorités sur un possible génocide au Soudan du Sud.

 

Distribution de nourriture au Soudan du Sud.
CC European Commission

La situation au Soudan du Sud inquiète au plus haut point. Depuis décembre 2013, la guerre civile a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et a contraint plus de 2,5 millions de personnes à quitter leur territoire. En novembre 2016,  Adama Dieng, conseiller spécial de l’ONU sur la prévention du génocide, avait affirmé devant le Conseil de sécurité avoir recensé au Soudan du Sud « tous les signes qui montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n’est fait pour l’empêcher ».

La montée de la violence

Pourtant – et malgré la mise en place d’un plan de paix en juillet dernier – les violences sont en forte hausse et les populations s’affrontent pour des raisons ethniques qui font craindre le pire pour le pays.  Alors, une délégation du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est rendue durant 10 jours dans les villes de Bentiu (nord), Malakal (nord-est) et Wau (nord-ouest) afin de rencontrer les responsables gouvernementaux, les membres de la société civile et les victimes du conflit. A son retour, Yasmin Sooka, chef de la délégation, s’est inquiété du climat de violence: « Partout où nous sommes allés dans le pays, nous avons entendu des villageois dire qu’ils étaient prêts à répandre du sang pour récupérer leurs terres…Beaucoup nous ont dit que le point de non–retour avait été atteint« . Il a ajouté : « Il y a déjà un processus régulier de nettoyage ethnique en cours dans plusieurs zones du Soudan du Sud… (qui se traduit notamment) par la faim extrême, des viols collectifs et la destruction de villages. »

Un rapport saisissant

Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a alerté sur l’état économique du pays, mis à mal par trois ans de conflit. « Quelque 4,8 millions de personnes, privées de ressources, sont exposées à la menace tout à fait réelle de grave insécurité alimentaire et de famine ». L’inflation économique atteignant plus de 700 %, le pays n’a pas d’avenir si une autorité extérieure ne se décide pas à intervenir. C’est pourquoi l’ONU prévoit de mettre en place une assistance alimentaire afin que les populations puissent bénéficier des biens de premières nécessité. L’organisation des Nations unies a également annoncé qu’une aide financière de 2,5 milliards de dollars serait allouée au redressement du pays.

Victor Plantevin

 

Écrit par Victor Plantevin