« Une loi doit renforcer la protection du secret des sources des journalistes, je m’y engage » a affirmé François Hollande en janvier. Toujours attendu, le texte se fait voler la vedette par le projet de loi sur le renseignement, hautement attentatoire à la protection des journalistes selon Reporters Sans Frontière. 

1- La protection des blogueurs malmenée

Selon la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la liberté de l’information doit être garantie pour tous, et pas seulement pour les journalistes. Pour l’association Reporters Sans Frontière, toutes les personnes publiant des informations d’intérêt général doivent bénéficier d’une protection des sources, et leur éviter d’être l’objet d’espionnage par les services de renseignement.

Seulement, cette protection pourrait disparaître avec le nouveau projet de loi, du moins pour certains. Le texte prévoit que seuls les journalistes disposant d’une carte de presse seront protégés. Exit donc les blogueurs et documentaristes.

2- La surveillance pour tous

Le projet de loi autorise également les services de renseignement à intercepter des télécommunications, à surveiller les citoyens et à accéder à des domaines privés. Et les journalistes ne font pas exception.   Dès qu’un journaliste entrera en contact avec une personne touchant de près ou de loin un « intérêt public », il pourra être surveillé. Qu’adviendra-t-il des reportages sur les zadistes du barrage de Sivens ? Les enquêtes sur les sociétés du CAC 40 ?

3- Journaliste et auxiliaire de justice ? 

Avec le texte du gouvernement, la justice pourra désormais s’appuyer sur le travail des journalistes pour enquêter. Le journaliste deviendra une sorte d’auxiliaire de justice, qui risque de perdre peu à peu la confiance de ses sources.

4- Citation = propagande = censure

Depuis la loi contre le terrorisme, les délits de provocation et d’apologie du terrorisme ne font plus partie de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. La liberté d’expression perd de l’espace au profit de la lutte contre le terrorisme.   Ainsi, un blog belge qui reproduisait un discours d’un responsable de l’Etat islamique a purement et simplement été bloqué aux internautes français. Une censure qui pourrait très bien s’appliquer à une entreprise de presse qui en rendrait compte de la sorte.

5- un Patriot Act à la Française ? 

Depuis le 11-Septembre et la loi dite du « Patriot Act », les journalistes américains peuvent être condamnés pour avoir révélé des informations relevant de « l’intérêt public ». Le projet de loi sur le renseignement est loin d’être un Patriot Act à la française, nuance Reporters Sans Frontière. Cependant, « au profit de la protection du pays , la liberté d’expression prend du plomb dans l’aile », glisse l’association.

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Noomen Ben Mustapha

Écrit par nowomen