L’inclassable Lewis OfMan

Depuis quelques temps, Lewis OfMan gagne du terrain et s’immisce progressivement dans le coeur des Français. Entre collaborations et concerts à l’international, 2018 sera une année de prédilection pour le jeune artiste qui compte sortir toute une série de titres pétillants. 

Photoshoot de Lewis OfMan par © Écoute Chérie

« Nouveau kiffeur ». Ce sont par ces mots que Lewis OfMan se qualifie. Camouflé dans des vêtements trop amples pour lui, le musicien est confortablement installé dans les canapés du Pigalle, un hôtel branché du 9ème arrondissement. Son style façon streetwear présage de son caractère décontracté. Il vient tout juste de passer la barre des 20 ans. Paraît parfois plus, parfois moins. « Je kiffais ne pas faire parti du crew de la vingtaine. » Ce cap annonce un nouvel horizon pour le jeune homme en 2018 : clips, singles et collaborations.

Lewis Delhomme devient rapidement Lewis OfMan. « C’est en m’amusant à traduire mon nom en anglais que j’ai trouvé mon pseudonyme. » En maître des platines, le compositeur déteste l’idée d’être assigné à un genre musical défini. « On ne te connaît pas et on te catégorise par des termes clichés comme : ‘La nouvelle pépite synth-pop tropicale…C’est l’enfer. » Ses yeux bleus s’agrandissent, il insiste. « Ça casse un truc. » De temps à autre, quelques « cool », et « kiffant » se glissent dans ses propos.

Pour le comprendre, il suffit simplement d’écouter son travail. Selon lui, « Kythira » reste l’un des morceaux qui le représente le plus. Son EP « Yo Bene » est comme un échantillon de lui-même. Une musique colorée et pétillante qui traduit chez l’artiste l’envie d’accorder une respiration à ceux qui l’écoutent. « Je n’ai pas envie de parler de thèmes qui donnent le cafard. » Attablé habituellement à la production, l’artiste s’est essayé au chant dans les singles qui sortiront l’année prochaine. « J’ai toujours peur de ressembler au mec super pompeux et faussement poétique. »

Découvrez le clip « Un Amour au Super U » extrait de l’EP « Yo Bene » :

 

Des collaborations riches en contraste

Une musique entêtante, enrobée d’une voix suave. Avec « Larme à gauche », la tinte pétillante propre à Lewis ressort du titre terriblement addictif de Vendredi sur Mer. La jeune femme évoque une « chouette symbiose » lorsqu’il est question d’aborder sa collaboration. Lewis OfMan aux platines; elle, pose le texte. À quatre mains, ils donnent naissance au premier EP de la jeune femme, « Marée basse ». « C’est la meilleure personne avec qui je pouvais travailler. On se complète à merveille. Il a su réellement décrypter l’univers que je voulais. »

Cet adepte des collaborations est, avant tout, attiré par le jeu de séduction et les contrastes entre les artistes et lui-même. C’est dans cette différence que Lewis OfMan puise son inspiration. « L’artiste avec qui je collabore est un modèle pour moi, par rapport à nos différences et à ce que l’on peut s’apporter mutuellement. » Le rappeur Ichon a pris l’habitude de travailler avec le beatmaker. « Notre collaboration est hyper naturelle, amicale et fraîche. »

Un artiste qui se cherche encore

Sa passion naît à onze ans, lorsque le jeune adolescent vit à New York pour quelques mois. « Dans l’école où j’étais, il y avait un petit studio. » Progressivement, son addiction pour la musique se développe. « Je loupais les déjeuners pour m’exercer à la batterie. »  Le déclic opère. Son voyage à New York lui ouvre les yeux. « Avant ça, je n’avais aucune passion. » Il s’amuse par la suite à créer des mélodies sur le téléphone de sa mère, et finit par découvrir le logiciel « Garageband ». « C’était fun, je pouvais chanter en yaourt. » De fil en aiguille, Lewis OfMan affute son talent. En 2014, son premier EP « Try » se retrouve dans les bacs. Il faut attendre 2017 pour « Yo Bene ».

Lorsqu’il lui est demandé quel serait le meilleur endroit pour écouter ses productions, sa réponse est, tout comme lui, atypique. « J’aimerai bien que ma musique soit écoutée dans un salon décoré façon seventies, avec un piano à queue, et des fenêtres, hautes, aux bords arrondies. Je pense que c’est cool. »

Perfectionniste, le jeune producteur se cherche encore. « Je ne veux pas créer une compilation fourre-tout, mais plutôt un album conceptuel. » En puisant son inspiration dans les archives des musiques des années 70, 80, il n’hésite pas à faire du neuf avec du vieux. Un dilemme se pose pour le jeune homme. « Beaucoup essayent de se ré-inventer et partent dans des délires expérimentaux. Pour innover, il faut justement ne pas le faire. »

Pour écouter LewisOfMan, c’est par ici.

Florine Alatinte

Thibault Hadziavdic

Écrit par IEJ3DWEB