Après les incidents du 5 octobre, les syndicats d’Air France ne décolèrent pas. L’annonce du licenciement de quatre salariés  a eu l’effet d’un jet de feu au poudre . La CGT ainsi que la force Ouvrière dénoncent une “farce”.

L’annonce est tombée tel un couperet. Quatre salariés d’Air France ont été licenciés hier suite aux incidents survenus le 5 octobre dernier. Deux dirigeants avaient été molestés et des vigiles blessés en marge du CCE, envahi par plusieurs centaines de salariés.

L’image du DRH d’Air France, torse nu, chemise arrachée et escaladant un grillage pour échapper aux manifestants, a fait le tour du monde. Dix-huit procédures disciplinaires avaient été engagées par la compagnie, dont cinq contre des salariés visés par une enquête judiciaire et renvoyés le 2 décembre en correctionnelle pour violences. Parmi ces cinq salariés, déjà mis à pied sans salaire, quatre ont été licenciés pour « faute lourde », a annoncé à l’AFP la compagnie. Ils ont reçu un courrier « en début de semaine ».

La CGT conteste «une violation de la présomption d’innocence» en rappelant que les salariés en question ne seront jugés que le 2 décembre au Tribunal correctionnel de Bobigny. Force Ouvrière de son côté dénonce «une farce» alors que la direction s’est basée sur des vidéos tournées le jour du comité centrale extraordinaire.«On ne voit personne qui met un coup, juste du chahut» a fait remarquer un délégué FO.  «Le représentant CGT ne tape sur personne», a également estimé Mehdi Kemoune, numéro 2 du syndicat. Selon lui, il serait «plus intelligent de lever les sanctions, que la direction laisse son ego de côté». «C’est inadmissible et on ne se laissera pas faire», a-t-il ajouté. Les syndicats avaient d’ores et déjà appelé à une mobilisation le 19 novembre.

La CGT avait notamment promis un «conflit sans précédent» si la direction licenciait les salariés visés. «Ces salariés ont été pris par hasard pour faire des exemples», avait également dénoncé Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. Ce syndicat a menacé de perturber la tenue de la conférence sur le climat, la COP21, qui se tient à Paris.    

 

Écrit par sephorabenazouz