l’Europe et ses failles concernant la sécurité aux frontières

Abdelhamid Abaaoud a été tué mercredi dans l’assaut mené par le RAID à Saint-Denis. Le présumé organisateur des attentats du 13 novembre a montré néanmoins les failles du service de sécurité aux frontières européennes.

Ce qui est frappant c’est l’extrême mobilité de certains terroristes qui ont réussi à échapper à la vigilance de toutes les polices européennes pour revenir de Syrie et frapper la France. D’autant plus que plusieurs d’entre eux étaient déjà connus des services de renseignement.

Mercredi soir, l’incertitude régnait encore quant à la présence ou non d’Abdelhamid Abaaoud dans l’appartement dionysien pris d’assaut par les forces du RAID. Sa présence accentuée par ses empreintes ADN atteste de son retour en Europe, après avoir effectué plusieurs séjours en Syrie. Abaaoud s’es vanté d’être rentré en Belgique, puis reparti en échappant aux forces de police.

Abaaoud filmé par une vidéo-surveillance du métro parisien

Autre élément, seulement 30 minutes après les premières attaques terroristes du 13 novembre.L’organisateur présumé des attentats de Paris, a été vu sur les images de vidéosurveillance de deux caméras à la station de métro Croix de Chavaux, près de Montreuil vers 22 heures. On le voit même passer en fraudant les portiques du métro. A ce moment, l’attentat du Bataclan est toujours en cours.

Faiblesse de communication intra-européenne

C’est l’un des principaux paradoxes de la lutte anti-terroriste au niveau européen : contrairement aux individus, qui circulent librement à l’intérieur de l’espace Schengen, les informations détenues par les services de renseignement restent très largement bloquées aux frontières. Symbole de cette faiblesse : l’impuissance d’Europol en matière de renseignement. L’idée de faire de l’office européen de police une plateforme d’échanges en matière de lutte anti-terroriste ressurgit à chaque attentat depuis le 11 Septembre. En avril, la Commission européenne a tenté de relancer le projet. Sans effet jusqu’ici puisque les Etats membres font de la rétention d’information.

Les services de Belgique débordés

Le problème principal serait dans l’analyse des informations et leur circulation entre les services. les informations sur des individus radicalisés peuvent remonter aussi bien des polices locales, que de la police fédérale et des douanes. Une structure dédiée, l’Organe de coordination pour l’analyse et la menace (Ocam) est ensuite chargée de les centraliser et de les redistribuer. Mais cette structure a été vivement critiquée ces derniers mois pour son manque d’efficacité. Abdelhamid Abaaoud était un Belge de 28 ans originaire de Molenbeek-Saint-Jean, dans la banlieue de Bruxelles qui avait rejoint la Syrie en 2014.

 

Suite à ces évènements, l’Europe devra prendre rapidement des initiatives pour lutter contre le terrorisme en fermant les frontières à ces personnes recherchées.

Camille Nattier

Écrit par camille nattier