L’État réclame 10 millions d’euros à Amazon

Amazon, le géant américain du commerce électronique, est assigné en justice.

Le géant américain, accusé de pratiquer des clauses abusives avec ses fournisseurs, est sous le coup d’une enquête de la répression des fraudes.

Après plusieurs procès très médiatiques qui ont notamment mis en difficulté Google et Microsoft, c’est désormais Amazon qui est dans la ligne de mire de Bercy.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ouvert une enquête concernant les pratiques commerciales d’Amazon, et plus particulièrement avec ses fournisseurs. Cette investigation s’inscrit dans un cadre plus large, puisque le Ministère des Finances s’est également intéressé à nombre d’acteurs du e-commerce, parmi lesquels la FNAC ou Cdiscount.

Le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, entend faire preuve de fermeté. « La plate-forme impose un rapport déséquilibré avec ses vendeurs. La France compte rétablir l’équité sur ce dossier » a indiqué une source proche de son cabinet à nos confrères du Huffington Post.

Un géant… trop dominant

Les investigations ont révélé des pratiques pour le moins peu conventionnelles. Et beaucoup de clauses abusives ont été relevées. Bercy reproche notamment à Amazon de mettre en difficulté ses fournisseurs en modifiant sans cesse ses contrats de partenariat avec eux, ou bien en les obligeant à baisser leurs prix au maximum.

Pire encore : Amazon se permet également de rompre avec effet immédiat et unilatéralement un contrat avec un fournisseur. Un rapport déséquilibré qui est pointé par les experts de la DGCCRF… et qui devrait donc faire l’objet d’un procès devant le Tribunal de Commerce de Paris.

Une image écornée

Au-delà de cette simple affaire, ce dossier met en lumière les problèmes induits par la différence de taille entre les fournisseurs parfois modestes (certains sont des PME), et les portails de vente en ligne… surtout que ceux-ci sont parfois leurs principaux clients. Un déséquilibre criant, qui est croissant alors que le marché de la vente en ligne se resserre. Les ventes, d’Amazon en France attendraient 4,4 milliards d’euros en 2016, ce qui en ferait le 11ème plus gros commerçant de l’Hexagone et de loin le leader du e-commerce.

Amazon n’a pas pour l’instant souhaité réagir à cette polémique, qui pourrait ternir son image à défaut de frapper en profondeur son portefeuille.

Noa Bettan

Écrit par IEJ3B