L’Etat prêt à renflouer William Saurin

Plus de 3.200 emplois sont menacés depuis les révélations sur les comptes truqués du groupe « Financière Turenne Lafayette », propriétaire des marques Garbit, William Saurin et Madrange. L’Etat a annoncé qu’il était prêt à aider financièrement l’entreprise en cas de besoin. 

C’est suite à un audit mené dans la foulée du décès de l’ancienne propriétaire du groupe que les comptes truqués ont été révélés. Depuis des années, la « Financière Turenne Lafayette », maison mère des marques Garbit, William Saurin et Madrange, masquait ses mauvais bilans. Les résultats de l’étude, demandée par Eric le Gouvello, nouveau président du groupe, inquiètent le gouvernement, les acteurs du marché de l’agroalimentaire mais surtout les salariés. 3.200 emplois sont en jeu.

Les ministères de l’Agriculture et celui de l’Economie sont unanimes, l’Etat doit empêcher la liquidation judiciaire du groupe qui espère afficher un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016. Selon le nouveau président de l’entreprise, il ne s’agissait pas de détournement d’argent mais uniquement « d’embellissement » pour convaincre les banques de continuer à investir dans le groupe. Pourtant surveillée depuis longtemps par la commission des comptes de Paris, l’entreprise a su déjouer la vigilance des commissaires. Selon les deux ministères concernés par l’affaire, la justice a été saisie pour « fausses facturations et fausses avances sur stock« .

Comment éviter la liquidation judiciaire ?

Plusieurs solutions ont été avancées pour sauver le groupe de la faillite et ainsi préserver les milliers d’emplois. Premièrement, l’Etat peut effectuer des investissements dans l’entreprise sous forme de prêt pour rassurer les créanciers et les fournisseurs. L’entreprise, acteur majeur du marché de l’agro-alimentaire, pourrait ainsi continuer son activité.

Deuxièmement, Le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle), chargé d’aider les entreprises de plus de 400 employés en difficulté, est en cours de négociation avec les créanciers. L’objectif : les convaincre d’abandonner certaines dettes pour réduire le déficit du groupe, éviter la faillite de l’entreprise et sauver les 3.200 emplois répartis sur plus de 20 sites en France.

Romain Philips

Écrit par iejpedago