La mobilisation des taxis contre les dérives des voitures de transport avec chauffeur (VTC) est reconduite ce mercredi en dépit de la nomination d’un médiateur par Matignon. De nombreux chauffeurs venus de Nice ont rejoint leurs collègues à Paris, ce matin, alors que des taxis bordelais sont en route vers la capitale.

Encore une journée noire sur Paris, la préfecture de police recommande d’éviter l’ouest et l’est de la capitale et invite les automobilistes à « contourner largement » les quartiers de la Porte maillot et de Bercy. De nouveaux rassemblements sont prévus sur les sites des aéroports d’Orly et de Roissy Charles de Gaulle. Les transports en commun sont donc vos alliés pour la journée !

Mardi soir, Matignon a annoncé la nomination du député PS Laurent Grandguillaume comme médiateur entre les taxis et les VTC. Plus tôt dans la journée, l’un des représentants des chauffeurs de taxi, reçu à Matignon, avait indiqué que ce médiateur indépendant serait chargé d’étudier les « difficultés » que traverse ce secteur réglementé, notamment en région parisienne.

Mais pourquoi manifestent ils ?

Sept mois après leur mobilisation spectaculaire de juin, les taxis sont de nouveau en colère et  le font savoir de manière brutale. Initialement, c’est l’arrivée sur le marché des VTC qui ont irrité les chauffeurs taxis. Les sociétés comme l’américain Uber ou le petit nouveau Heetch, n’ont pas l’obligation de fournir une licence, qui coûte de 50 000 à 350 000 euros selon les régions. Les taxis affirment avoir perdu beaucoup de clients et accusent les VTC de faire du travail au noir, eux qui ont une clientèle de plus en plus foisonnante, notamment constitués d’étudiants, qui sont attirés, pour leurs prix particulièrement attractifs.

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La loi Thévenoud était censée encadrer les activités des VTC. Elle soumettait aux chauffeurs VTC de se procurer une licence ainsi qu’une carte professionnelle. Mais, les taxis estiment que ces conditions ne sont pas respectées. Selon eux, près de la moitié ne suivraient pas ces obligations et sermonne à nouveau une concurrence injuste.

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Mardi soir, les manifestations des quelques 2.100 chauffeurs de taxis ont fait un blessé et donné lieu à 24 interpellations, selon l’AFP, espérons une solution et un retour au calme sur nos routes.

Agathe Peroceschi

Écrit par Agathe Peroceschi