Les séismes sont-ils devenus plus fréquents ?

Les tremblements de Terre font parler d’eux depuis la mi-novembre. Du pacifique à l’Europe, plusieurs secousses d’importante magnitude sur l’échelle de Richter ont été recensées. À l’heure des films catastrophes tels que « San Andreas », la question est de savoir si nous sommes entrés dans une ère de séismes constants.

Phénomène rare en France, l’apparition de séismes s’est intensifiée à travers le monde ces dernières semaines. Et d’ailleurs : depuis la mi-novembre, quatre séismes ont été enregistrés dans le Nord-Finistère.

Le 13 novembre dernier, une localité côtière du sud de la Nouvelle-Zélande, Kaikoura, a été frappée par un séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter, lequel a été suivi d’un tsunami. Le 25 novembre, un phénomène sismique similaire a touché la Chine, faisant ainsi une victime. Au cours du seul mois de décembre, cinq séismes ont été enregistrés dans différentes zones géographiques. Entre le 7 et le 8 décembre, trois séismes ont été enregistrés. Le premier séisme du mois, de magnitude 6,5 a été enregistré en Indonésie et fait une centaine de victimes. Il a été suivi d’un violent séisme de magnitude 7,8 aux Iles Salomon.

Un autre tremblement de terre de magnitude 6,5 a été ressenti au large de la Californie. L’État de la côte ouest américaine redoute une secousse sismique de grande ampleur, le fameux Big One.

Une fréquence qui n’est pas inhabituelle

Selon l’USGS, à l’échelle du monde, l’existence de pics d’activité sismique plus intenses n’a jamais été réussie à prouver. En moyenne, il y aurait plus de 15.000 séismes détectables par an avec un seul séisme supérieur à 8 sur l’échelle de Richter. En revanche, certaines zones du monde connaissent des pics d’activités sismiques plus élevés que d’autres. Dans le monde, les zones sismiques les plus actives se situent au large du Pacifique, la faille de San Andreas, la Cordillère des Andes, l’Asie centrale, le Japon. Ces zones ont connu les séismes les plus importants estimé à une magnitude de 9 et plus. Le plus fort tremblement de terre a été enregistré le 22 mai 1960 au Chili, la secousse sismique avait eu une magnitude de 9,5. En décembre 2004, un séisme de magnitude 9,3 dans l’Océan Indien avait provoqué le tsunami meurtrier qui avait fait plus de 250,000 victimes notamment en Indonésie, Sri Lanka et l’Inde. En 2011, un tremblement de terre de magnitude 9,0 avait touché le Japon, provoquant la catastrophe de Fukushima.

La France pas trop inquiétée

Le Ministère de l’Environnement qualifie la France métropolitaine comme une zone soumise à un risque sismique modérée. Publié en 2011, un nouveau zonage sismique en France avait répertorié les régions métropolitaines les plus exposées à une activité sismique. Parmi elles : les Pyrénées, les Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Vosges ainsi que le massif armoricain. Au large de la Caraïbe, l’activité sismique est plus importante qu’en Europe. Les tremblements de terre de 1839 en Martinique et 1843 en Guadeloupe étaient d’une importante magnitude ; entre 7,6 et 7,8 pour le premier et entre 8.0 et 8.3 sur l’échelle de Richter pour le second. Ce sont les deux séismes les plus importants répertoriés dans les DROM.

Selon le Bureau Central sismologique français (BCSF), il y a environ 1.500 séismes en France par an. Ces séismes sont sans conséquence. Les derniers en date remontent aux deux derniers siècles avec le séisme de Provence en 1909 par exemple. D’une magnitude estimée à 6,2 sur l’échelle de Richter, cette secousse sismique était l’une des plus puissantes ayant été ressentie en France. Les dernières secousses en Bretagne ou dans les Jura n’ont donc, pour l’instant, aucune corrélation avec l’activité sismique mondiale. Fausse bonne nouvelle, car d’après l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (l’OPECST: commission parlementaire qui évalue les risques d’une catastrophe naturelle ou nucléaire), la France n’est pas préparée à un tremblement de Terre.

Kevin Velasco

Écrit par iejpedago