Les musulmans de France disent « stop » aux amalgames

Etre musulman et Français n’a jamais été un statut aussi lourd à porter. Amalgames, stigmatisations, islamophobie …  Comment les musulmans de France vivent-ils depuis les attentats du 13 novembre dernier ?

« Un terroriste n’est pas un musulman », « Tuer est prohibé dans l’Islam ». Voici un échantillon de phrases que s’échinent à répéter inlassablement les Musulmans de France mais aussi du monde entier. Etre obligé de se justifier est déjà un fardeau pour cette communauté, mais ne pas être écouté est encore pire. Depuis les attentats du 7 janvier survenus au siège de Charlie Hebdo, puis du 13 novembre au coeur de Paris, une majorité se sent pointée du doigt à tort. « J’étais à 100 mètres de la première explosion et la bombe n’aurait pas fait de différence entre un Musulman ou un bouddhiste par exemple », déplore Sofiane, étudiant à Sciences Po. « Le citoyen pas bien informé peut très bien faire des amalgames », renchérit Malika. Si les amalgames ont toujours existé, cette série de meurtres justifiée par les terroristes met encore plus à mal la population musulmane.

 

Pour bien faire comprendre à cette part de la population française la différence entre Islamisme et Islam, les musulmans ont décidé de s’unir encore plus qu’avant. Sur les réseaux sociaux, une vidéo circule, celle d’étudiants musulmans se mettant en scène avec une pancarte portant l’inscription « Nous sommes unis« . Ce moyen d’expression discret veut dire beaucoup de choses : le dégoût du terrorisme, le souhait de ne pas être stigmatisé, l’appel à l’unité mais surtout, le besoin d ‘être entendus et compris.
« A la suite de Charlie Hebdo et d’attentats qui ont pu frapper le monde, on avait besoin d’exprimer quelque chose mais on n’avait pas forcément l’occasion d’être écoutés », annonce Nadjib Bedani, membre de l’association EMF France.

Malgré un sentiment d’insécurité partagé par tous les Français mais dans un degré différent pour les Musulmans, ces derniers estiment tout de même être soutenus par une grande majorité de Français non Musulmans. Sur les réseaux sociaux, des photos, des dessins, des citations, de longs textes, appellent les français à « réfléchir » et à stopper les clichés véhiculés par « des incultes ».

Les attentats du 13 novembre 2015 ont couté la vie à 129 personnes présentes au Bataclan, dans la rue Bichat et sur une terrasse de café. Le point sur l’enquête par ici.

 

Rawia Arroum

 

 

Écrit par Rawia Arroum