Les JO 2024 à Paris, nous y étions (1/4)

À la manière des short stories des quotidiens anglo-saxons, nous vous proposerons un chapitre par jour de 2024, j’y étais. Une fiction chauvine à souhait visant à se projeter dans un monde utopique, où Paris organiserait les JO en 2024, le tout en essayant de rester cohérents. En d’autres termes, nous avons écarté les inventions futuristes pour éviter que le récit ne prenne des allures d’écrit d’invention d’élève de CM2.

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Chapitre 1 : Zidane, Lewis et Dujardin

12 juillet 2024. 19h. Paris. Sous le crépuscule d’une interminable journée d’attente, le Stade de France retrouve sa ferveur d’antan. 26 ans auparavant, de la tête à deux reprises, l’actuel président de la FIFA Zinedine Zidane offrait la Coupe du monde à la France. Et depuis, le néant. Les vestiges d’un Euro 2016 raté semblent pourtant bien loin tant l’engouement pour les Olympiades a conquis les esprits. Depuis l’annonce des résultats il y a 7 ans, la France entière se mobilise, et chaque centime compte. Exit les vendeurs à la sauvette devant le stade, les stands sont floqués Mairie de Paris et vendent des produits officiels et autres « goodies » digitaux. Certains puristes arborent une dégaine « vintage » : polos des Bleus époque Coupe du monde au Brésil, bermudas, baskets… Ah, nostalgie !

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tellement 2014 quoi.

20h. La nuit s’installe. L’heure d’allumer les torches wi-fi placées aux quatre coins du stade. Sur la vingtaine d’écrans géants, on peut apercevoir l’exubérant speaker embraser la foule. Les quelques 243 drônes – un par pays – survolent la foule pour en capturer l’exaltation. Au sol, le président du CIO Carl Lewis fait son entrée. Vacarme, ardeur et frénésie sont les maîtres-mots d’un public déchaîné auquel la sempiternelle marque de soda sponsor tente d’offrir des échantillons de sa dernière trouvaille. Charismatique, l’ancien sprinteur fait taire la foule d’un mouvement de main. Tel un roi, il salue son monde, surplombé d’une représentation holographique qui le rend visible aux yeux de tous. Les mêmes puristes rencontrés devant le stade rangent discrètement leurs jumelles, ici inutiles. Ah, ces bonnes vielles jumelles ! Le discours commence. Le public, soigneusement classé par nationalité, enfile son casque. Si le discours est retransmis dans 243 pays donc, il est également traduit en temps réel. Après maintes conventions et remerciements, Lewis clame enfin la célèbre « Je déclare ouverts les Jeux de Paris célébrant la 33e Olympiade de l’ère moderne ». Le stade est comble et ses 80 000 spectateurs s’apprêtent à présent à assister au traditionnel spectacle. Vu d’en haut, le stade crépite de flashs en tribune, oeuvres de selfies incessants. Le clou du spectacle ? Un Jean Dujardin quinquagénaire endossant son costume d’Hubert Bonisseur de La Bath. S’en suivent les grands classiques français, des Trois Mousquetaires aux Misérables en passant par Intouchables. Qui a dit kitsch ?

À suivre le 11/03

Mehdi Karam

Écrit par mmy