Les îles Kouriles au coeur de la rencontre Abe-Poutine

Vladimir Poutine est au Japon depuis ce jeudi 15 décembre. Au programme de cette visite officielle, des discussions économiques mais surtout la question de la répartition des îles Kouriles. 

Îles Kouriles

Le Japon prie pour que les bains relaxants adoucissent Vladimir Poutine – tout autant que sa position sur la question des îles Kouriles. Shinzo Abe, le premier ministre japonais, reçoit depuis le 15 décembre en grande pompe le président russe. Au programme de cette visite officielle, des discussions économiques mais surtout la question de la répartition de cet archipel. Depuis le 14 août 1945, le pays du Soleil Levant souhaite en effet récupérer quatre îles du sud des Kouriles qui appartiennent aujourd’hui aux Russes.

Pourtant, la visite n’a pas commencé de manière idéale. Poutine a d’abord refusé le chien Akita, offert par Tokyo. Si rien n’assure que les sources d’eau chaude soient plus efficaces, le Japon croit en son pouvoir de conviction économique. En échange des îles, les Japonais offriraient à la Russie des technologies et capitaux leur permettant de développer l’extrême-orient colonisé par les marchands chinois. Plus de 100 millions de Chinois vivent le long de la frontière avec la Russie.

Un enjeu stratégique 

La récupération des Kouriles va au-delà de l’enjeu territorial. Elle permettrait au Japon de réduire l’influence de l’alliance sino-russe qui ne cesse de grandir depuis une dizaine d’années. Depuis toujours, Shinzo Abe perçoit la Chine et la Russie comme une menace.

Tout a commencé avec les visites répétés de Dmitri Medvedev sur les îles en question, vécues comme une provocation par Tokyo. Sans compter le renforcement des défenses militaires russes, un survol des eaux territoriales japonaises par des avions russes ainsi qu’un pêcheur japonais abattu malgré un droit de pêche.  Il n’en fallait pas plus pour que les tensions vieilles de 70 ans remontent à la surface.

Une violation du pacte de neutralité 

Tokyo s’insurge contre la réquisition de ces terres par la Russie et argue que ses acquis sont non valables. Ces derniers ont été obtenus à la suite de la violation du pacte de neutralité entre les deux pays (datant de 1941), lorsque l’URSS a déclaré la guerre au Japon le 14 août 1945.

Malheureusement pour le Japon,  Moscou ne semble pas enclin à céder la moindre parcelle de terrain. La raison est simple : depuis la seconde guerre mondiale, la population russe s’oppose à la perte de ces terres.

Victor Plantevin

Écrit par Victor Plantevin