Les hôpitaux publics à bout de souffle

La Fédération hospitalière de France (FHF) tire ce lundi la sonette d’alarme sur la situation financière des services de santé publique.

La situation dans les hôpitaux s’aggrave et se sont les patients qui pourraient en souffrir le plus. En s’appuyant sur les premières estimations remontées aux agences régionales de santé (ARS) par les établissements, la Fédération hospitalière de France (qui réunit plus de 1000 établissements publics médico-sociaux) lance un cri d’alarme sur la situation financière des hôpitaux en parlant d’un « déficit historique de 1,5 milliard d’euros en 2017, soit 2% des budgets hospitaliers ».

 

Frédéric Valletoux, président de la FHF explique dans un communiqué de presse que ‘’cette dégradation’’ est dû à « l’impact des plans annuels d’économies » accompagné d’une « activité tous au long de 2017 moins dynamique que celle prévue lors de la construction des tarifs d’hospitalisations » qui avaient été baissé de 0,9% en mars dernier par l’ex ministre de la Santé, Marisol Touraine. Le forfait journalier d’hébergement au sein d’un établissement de santé public est aujourd’hui de 18 euros.

En 2016 le déficit des hôpitaux s’élevé à 295 millions d’euros, en tout juste un an la situation a dégénéré et les répercussions risques d’être importantes : « La ligne rouge est dépassée, des réformes structurelles et financières sont désormais vitales [..]  c’est la qualité des soins qui est aujourd’hui menacée », poursuit Fréderic Vellatoux. Les plus touchés par ce manque de financement sont les professionnels : “la situation est compliquée, nous sommes obligés de rallonger nos gardes car nous ne sommes pas assez nombreux. On est fatigués et on peut commettre des erreurs en mettant en danger nos patients », confie Charlène Riss, infirmière de l’hôpital Raymond-Poincaré.

Selon la FHF, dont le rôle est celui de faire face aux problèmes concrets qui peuvent survenir dans la vie quotidien des hôpitaux publics, les réformes à mener portent sur plusieurs points clés : “le financement du système de santé, l’assouplissement des modes de gestion interne des établissements et une meilleure participation à la permanence des soins dans l’ensemble des professionnels de santé“, a poursuivit Frédéric Valletoux dans le communiqué. En novembre dernier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait déjà annoncé le dégel de 150 millions d’euros sur les quelques 350 millions réclamés par les établissements hospitaliers. Mais pour Frédéric Valletoux il faudrait “aller plus loin pour conserver les hôpitaux public et éviter que tout le système de santé recule de plusieurs cases “.

 

Ilaria Congiu 

Écrit par IEJ3A