Les Franciliennes davantage exposées au harcèlement dans les transports en commun

L’Observatoire national de la délinquance vient de publier un rapport accablant sur l’état du harcèlement sexuel dans les transports en commun. L’étude fait mention de plus de 267000 cas recensés d’atteintes sexuelles sur 2 ans, et 85% des victimes sont des femmes. 

2 ans de prison et 30.000€ d’amende. Voici la peine encourue pour quiconque serait jugé coupable de harcèlement sexuel en France. Ce délit est bien trop souvent minimisé par l’opinion publique, à tel point qu’il est perçu comme une simple incivilité. Amandine Matricon-Charlot, la commissaire à la tête de la Sûreté régionale des transports, appelle les victimes à réagir. « Mesdames, vous devez déposer plainte », exhorte-t-elle.

Si certains hommes sont également victimes de cet harcèlement, les femmes en subissent l’écrasante majorité. Par ailleurs, plus une femme est jeune, plus elle est susceptible d’être confronté à une atteinte sexuelle. Pour les 18-21 ans, les probabilités d’être victime de harcèlement dans les transports culmine à 7,6% en Ile-de-France, contre 2,3% en province. Ce taux de « victimation » reste élevé jusqu’à 40 ans, âge à laquelle les probabilités tombent à 1,9% pour Paris et ses alentours, et 0,9% ailleurs.

Les victimes brisent le silence

Ce rapport intervient dans un contexte où l’opinion publique n’ignore plus le harcèlement, après la prise de conscience générée par le mouvement #BalanceTonPorc. Par ailleurs, une pétition initiée par une utilisatrice du métro récoltant plus de 60.000 signatures avait été envoyé à la RATP en septembre dernier, preuve que les victimes sont de plus en plus nombreuses à briser le silence. De nombreuses campagnes de prévention contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun voient le jour dans les différentes capitales du monde entier.

Certaines rivalisent d’ingéniosité, à l’image de celle de Mexico (voir ci-dessous), ayant fait le buzz sur Internet en mars dernier. La vidéo met en scène un « siège pénis », intrigant les usagers du métro et les poussant à se poser des questions quand à la présence d’un tel siège. Si on peut douter de l’efficacité d’une telle action, elle témoigne néanmoins d’une volonté de stigmatiser le harcèlement.

 

 

Rafaello Pisu

Écrit par IEJ3A