Les Français opposés à la congélation des ovocytes

Bien que l’autoconservation des gamètes soit une avancée médicale importante, les Français y sont majoritairement opposés. Selon un sondage de l’institut Odoxa, six Français sur dix sont contre cette pratique, déjà autorisée dans d’autres pays européens.

Congeler ses ovocytes afin de devenir mère plus tard est une avancée médicale qui existe depuis quelques années, mais qui reste encore méconnue. Grâce à cette technique, les ovocytes de la femme sont conservés dans un hôpital ; ils seront ensuite inséminés quand elle aura décidé de devenir mère. Aux Etats-Unis, cette pratique légale a poussé les centres américains spécialisés dans la fertilité à voir leur activité de congélation doubler. Alors que la conservation des ovules représentait 5 % de l’activité du centre pour la fertilité de l’Université de New York en 1999, elle en représente désormais plus de 30 %. Seulement, en France, cette pratique n’est autorisée que pour raisons médicales, avant une chimiothérapie susceptible de rendre infertile par exemple.

Sondage réalisé par Odoxa ©Odoxa

Sondage réalisé par Odoxa ©Odoxa

Bien que cette congélation ne soit possible que si la femme concernée est malade, la plupart des Français demeurent opposés à la légalisation de la vitrification des ovocytes pour des raisons non médicales. Selon un sondage de l’institut Odoxa pour la clinique espagnole Eugin, 59% des Français sont opposés à cette légalisation.

Ce sont avant tout des raisons éthiques et déontologiques qui poussent la majorité des sondés à refuser cette évolution législative. La majorité des Français réticents à la conservation des gamètes ont peur d’une éventuelle « sélection des embryons » ainsi que d’une « exploitation commerciale de la détresse des femmes« .

Nombre d’entre eux jugent aussi la technique comme « contre nature« .

Mélody Husson

Écrit par Mélody Husson