Les derniers remparts

Barrer la route au Front National est leur but ultime. Après le score surprenant du parti de Marine Le Pen dans plusieurs régions et face à la cuisante défaite de la gauche, les candidats républicains sont les mieux placés. Si le Parti Socialiste appelle ses candidats à se désister au profit de la droite, tout le monde ne suit pas. Retour sur les principaux adversaires du Front National pour le second tour dimanche. 

Christian Estrosi, candidat Les Républicains en Paca.

Ceux qui ont voté à gauche dimanche auront du mal à voter pour lui. Si le député se présente comme « la seule alternative au Front National », pour les électeurs de gauche il demeure l’homme de la « cinquième colonne ». Celui qui se dit « plus social que les socialistes et plus écologiste que les écolos » n’a pas hésité à faire campagne sur la question des migrants et de l’islam radical, cherchant à contrer le FN sur son terrain. Après les attentats, sa campagne prend un virage sécuritaire mais les événements du 13 novembre ont surtout donner un coup de pouce au parti représenté par Marion Maréchal-Le Pen. L’ancien ministre de l’industrie sous la présidence de Nicolas Sarkozy ne s’attendait pas à un score aussi haut de la candidate du Front National, il devra donc séduire les électeurs de gauche, tentés par l’abstention.

Xavier Bertrand, candidat Les Républicains au Nord-Pas-De-Calais-Picardie.

Il en appelle aux électeurs socialistes. Au lendemain de l’annonce du retrait du candidat PS dans la région, Xavier Bertrand est le favori pour faire barrage à Marine Le Pen. « Je suis l’ennemi numéro 1 du Front national depuis de nombreuses années, c’est pour ça que Marine Le Pen me déteste autant« , a-t-il jugé, estimant représenter le meilleur rempart contre le FN. dans cette dernière ligne droite avant le second tour, l’ancien ministre du travail annonce même douter de sa participation aux primaires pour la présidentielle de 2017, se consacrant ainsi entièrement à la région. Malgré des conditions qui le placent en première place dimanche prochain, Xavier Bertrand sait qu’il doit mobiliser ceux qui ont voté pour le Parti Socialiste : « Je pense que ça va être très serré, j’en appelle aussi aux électeurs de gauche.« 

Jean-Pierre Masseret, candidat du Parti Socialiste dans la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. 

Malgré la pression du parti et de ses dirigeants, Jean-Pierre Masseret ne compte pas se retirer. A 71 ans, celui qui a été président de conseil régional, parlementaire, ministre et maire n’a pas grand-chose à perdre. En refusant de se désister au second tour, il ouvre la voie à une victoire de Florian Philippot, le candidat FN, crédité de 36% au premier tour dimanche. Si plusieurs voix dénoncent un entêtement irresponsable, lui continue à croire en ses chances. « C’est l’affrontement avec le FN qui fera reculer ce parti, pas l’évitement ! L’évitement a toujours conduit à plus de FN », assure-t-on dans son entourage proche. Certains y voient aussi des manoeuvres politicienne pour faire pression sur les listes de droite et obtenir ainsi un arrangement techniques et quelques postes au conseil régional. La tête de liste écologiste Sandrine Bélier plaide quant à elle pour la présentation d’une liste commune, refusée jusque là par Philippe Richert, la tête de liste Les Républicains. Pour ce dernier il n’est pas question d’ouvrir sa liste, ni son programme.

Yassine El Azzaz

Écrit par alexju