Les députés, champions de l’absentéisme

Ces derniers temps, l’hémicycle du Palais Bourbon sonne creux, très creux. L’absentéisme chez les députés bat des records à une semaine de leurs vacances. Chacun a sa bonne excuse pour ne pas être présent à l’Assemblée. 

Stephanie Collier a enquêté puis raconté l’absentéisme des députés, ce vendredi 16 décembre sur RMC. Impossible de chiffrer précisément le nombre de députés absents car il n’y a aucune fiche d’émargement. Il reste donc à observer les sièges vides et selon les habitués de l’hémicycle, le taux d’absentéisme serait entre 20 et 50% depuis septembre.

La journaliste de RMC cite même un exemple très parlant : pour le vote concernant la prolongation de l’état d’urgence dans la nuit du 13 au 14 décembre, 320 députés étaient présents, ce qui signifie donc que 257 n’ont pas jugé utile de se déplacer pour ce vote.

Pour donner un semblant d’explication, le député PS Yann Galut a témoigné au micro de la journaliste : « C’est à chaque fois pareil les six derniers mois avant l’élection présidentielle. Nous sommes en train de terminer le texte essentiel qu’est le budget et puis à la fin on sera en roue libre ».

Peut-être que cet absentéisme n’est donc pas dû à la mauvaise volonté des députés. En effet, ceux des Républicains ont beaucoup été sur le terrain lors des primaires de la droite, et c’est maintenant au tour de ceux du PS. D’autre part, beaucoup d’entre eux préparent leur réélection en se déplaçant au plus près de leurs électeurs. Philippe Gosselin, député LR de la Manche, explique cette situation : « Sans doute qu’un certain nombre de collègues qui ont été trop peu chez eux se disent qu’il est grand temps d’y aller. D’autres se disent puisque j’ai été présent c’est pas le moment de flancher (…) aucun collègue ne vous dira qu’il est totalement détaché de l’horizon de 2017. »

Le fin mot de cette histoire d’absentéisme serait donc que les députés travaillent pendant quatre ans et demi et passent leurs six derniers mois de mandat en campagne pour eux ou pour leur parti.

 

Écrit par iejpedago