Les ambitions déçues de la Réforme Territoriale

 

Le dernier volet de la grande réforme territoriale promise par Manuel Valls est finalement adopté en première lecture. Plusieurs zones d’ombre demeurent cependant, le texte ne tranchant pas la répartition définitive des rôles.

Victoire parlementaire. Sans grande surprise, la réforme territoriale défendue par le Premier Ministre est adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale depuis mardi après-midi. La loi vient donc compléter le futur redécoupage, au 1er janvier 2016, de la France en 13 régions. Malgré l’alliance contre-nature entre l’UMP, l’UDI et le Front de Gauche, Manuel Valls a pu compter sur les voix des députés socialistes et radicaux de gauche. Ces derniers, suite à de très longues négociations, ont réussi à obtenir la pérennité d’«au moins la moitié des actuels conseils départementaux.

Une réforme modesteAnnoncée en grande pompe pendant son discours de politique générale en avril dernier, la fin des départements y est maintenue à l’horizon 2021. Une remise à plat qui renforce donc le pouvoir des structures communales et des régions. S’il a tenu bon sur ce volet de la loi, Manuel Valls a du se résoudre à de nombreuses concessions. Malgré la suppression de la clause de compétences générales permettant aux élus d’intervenir dans tous les domaines, des exceptions ont été prévues pour la culture, le sport, le numérique, la jeunesse ou encore le tourisme. Autant dire que la limitation des pouvoirs pour les élus départementaux, ce n’est pas pour tout de suite. Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation qui souhaitait une véritable remise à plat, a fini par admettre qu’«on ne fait pas une grande révolution territoriale».

Sarkozy à la chargeLes critiques du président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, n’ont pas tardé à se faire entendre. Au lendemain de l’adoption du projet de loi, il dénonce « un redécoupage scandaleux » et ajoute que « cette réforme, qui va mettre la pagaille partout, est totalement improbable dans des régions« . Il n’hésite pas à pointer du doigt le talon d’Achille de cette loi : «On convoque 36 millions d’électeurs alors que nous ne connaissons pas les compétences des élus territoriaux qu’on va élire». Avant d’attaquer directement le chef de l’Etat : «Si j’avais fait ça, on aurait protesté du déni de démocratie et ça aurait été un déni de démocratie !».

 

Yassine El Azzaz

Écrit par arianeyassine