Trois ans après avoir trompé le gouvernement, l’ancien ministre Jérome Cahuzac est jugé à partir d’aujourd’hui. Il est accusé d’avoir dissimulé un compte à l’étranger.

 Il devait redresser les comptes de la France, il comparait dès ce lundi pour fraude fiscale et blanchiment devant le tribunal correctionnel de Paris. A 63 ans, Jérome Cahuzac, ancien ministre du budget, revient sur la scène judiciaire trois ans après sa démission.

De quoi parle-t-on ? 

En décembre 2012, le site d’information Médiapart publie sur son site des révélations sur Jérome Cahuzac. Il dévoile d’abord qu’il aurait un compte caché en Suisse, puis à Singapour. Un mois après, le parquet se saisit de l’enquête. L’ex-ministre, qui se présente comme le principal rempart contre la fraude fiscale, nie tout en bloc devant l’assemblée, les médias, et le président. Face aux révélations, il est obligé d’avouer.

Comment se serait déroulée cette fraude ?

Chirurgien de formation, il gère, avec son ex-femme, une clinique spécialisée dans les implants capillaires. Amassant beaucoup d’argent, le couple aurait commencé à dissimuler de l’argent en 1992 avec des placements illicites en Suisse. En 2009, les premiers soupçons de fraude voient le jour avec le transfert de 600 000 euros de la Suisse à Singapour, en faisant une escale aux Seychelles, le tout organisé par un intermédiaire à Dubaï. Les comptes de la mère de Jérome Cahuzac aurait servi à blanchir près de 200 000 euros de chèques entre 2003 et 2009.

Qu’est-ce que lui reproche la justice ?

Poursuivi  devant le tribunal correctionnel de Paris, il devra répondre de fraude fiscale et de dissimulation de patrimoine. En clair, il aurait menti sur déclaration de patrimoine lors de son entrée au gouvernement. Une déclaration obligatoire, dans laquelle les ministres doivent indiquer la superficie et le prix des logements dont il est propriétaire, les prêts contractés, et bien-sûr, les montants sur les comptes qu’ils détiennent.

Que risque-t-il ?

Il encourt jusqu’à deux millions d’euros d’amende et sept ans de prison. Ses avocats comptent poser des questions prioritaires sur la constitutionalité, contestant le cumul des sanctions pénales et fiscales. Si le tribunal accepte le procès peut-être reporté de plusieurs mois.

Jérémy Attal

Écrit par Jeremy Attal