Le tour du monde en 42 jours selon François Gabart

François Gabart au micro de Jean-Jacques Bourdin Crédit : BFM vidéo

Dimanche 17 décembre dernier, François Gabart devient recordman du tour du monde en solitaire à la voile avec son bateau Macif. Quarante-deux jours, seize heures et quarante minutes, c’est ce qu’il lui aura fallu pour naviguer sur les eaux du monde les plus éloignées des continents. Retour sur la terre ferme.

Vers 11 heures ce dimanche 17 décembre 2017, il devient le nouveau détenteur du record du monde du tour du monde en solitaire à la voile. François Gabart, 34 ans, tangue encore un peu depuis son retour sur le sol français, «je prends mes précautions» plaisante-t-il avec Jean-Jacques Bourdin, ce jeudi matin sur RMC/BFM TV. Au sens propre du terme ou encore rêveur de son exploit, le skippeur se considère comme un réel privilégié. Mordu depuis tout petit – il commence à naviguer dès l’âge de 6 ans – le navigateur se dit chanceux d’avoir une passion, mais surtout de pouvoir en vivre. Même s’il ne gagne pas aussi bien sa vie que les footballeurs, le skippeur se félicite d’évoluer dans un monde sain. Ingénieur de formation et diplômé en mécanique, la réussite lui était prédestinée. Reconnaissant ne pas savoir naviguer à l’aide du point sextant, mais plutôt avec ses GPS – 19 à bord – François Gabart ne perd pas le nord. À bord de son maxi trimaran (30 m de long et 21 m de large), il a filé à 27 noeuds de moyenne (50 km/h), atteignant même les 47 noeuds en vitesse de pointe (près de 90 km/h).

Voyage en eaux claires

Parfois presque plus éloigné de la terre ferme que son ami Thomas Pesquet lorsqu’il était encore dans l’espace, François Gabart à la tête sur les épaules. Le navigateur le souligne, «la seule limite à nos progrès en mer sera le réchauffement climatique». En effet, dans les grandes eaux de l’océan Pacifique, il est tombé nez à nez avec un iceberg, au sud de la Nouvelle-Zélande.

Grand admirateur de notre patrimoine marin, l’homme aux mains dures sait être rêveur lorsqu’il s’agit de parler de la faune et la flore qui l’entoure. Son oiseau préféré ? L’albatros. «Il peut dormir tout en volant, un peu comme moi je navigue tout en dormant». Sa période de sommeil est malgré tout courte. Il se repose dès qu’il le peut mais le laps de temps dépasse très rarement la demi-heure. L’heure de repos, quant à elle, n’est arrivée qu’une seule fois selon ses dires. Isolé géographiquement mais jamais seul car toujours connecté avec la terre ferme, le skippeur rappelle néanmoins que la solitude n’est pas une fin en soit. Elle permet de se recentrer sur soi-même. «Le fait d’être tout seul sur un bateau nous oblige à nous débrouiller tout seul, prendre des décisions… c’est comme une espèce de miroir qui nous permet d’apprendre sur soi… on est face au mur.» Plaisantant sur le fait qu’un tour du monde en bateau «c’est très simple, il faut toujours tourner à gauche», vous reverrez donc certainement et très prochainement François Gabart au départ des plus grandes régates. Le Charentais est en contrat avec Macif sur plusieurs années, et même au travail sur de nouveaux projets.

Léa Torrès

Edité par Mehdi Bautier

Illustré par Léa Bitton

Écrit par IEJ3B