Le top 10 des démissions politiques en 2014

La politique rythme chaque année l’actualité française et 2014 a été particulièrement mouvementée. Une vraie valse des politiciens, notamment au sein du gouvernement, qui a écorché une fois de plus la crédibilité des politiques français. 87% de français n’ont pas ou peu confiance dans la classe politique (Source : CEVIPOF) et les 10 personnalités qui composent ce top n’ont pas aidé à réduire ce pourcentage.

  • Jean-Louis Borloo

Il est l’exception de ce top 10. La démission la plus inattendue de l’année et pour cause : aucun scandale n’avait a priori éclaboussé l’ex-Président de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI).  « Je n’ai pas toute l’énergie nécessaire pour assumer mes responsabilités ». Comme il l’explique dans une lettre, un état de santé dégradé a donc conduit l’ancien ministre de l’environnement sous Nicolas Sarkozy à couper court à son mandat de président de l’UDI, parti de centre-droit. Un parti qui n’a plus son leader naturel mais qui continue toutefois à survivre et fédérer ses partisans comme en témoigne ce tweet :

  •  Aquilino Morelle

Conseil16027842105_01ef19fd7f_kler politique de François Hollande, Aquilino Morelle a fait partie du cercle proche du président de la République. Un cercle qui s’est donc effrité tout au long de l’année à commencer par cet énarque. Dans un article du 17 avril, le pureplayer Mediapart a accusé ce proche du président de conflits d’intérêts. Médecin de profession, il aurait collaboré avec des laboratoires pharmaceutiques alors qu’il était membre de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), organe justement chargé de surveiller ces mêmes laboratoires. Une double casquette qu’il n’aura pas su conserver. Une démission à laquelle le président de la République a évidemment réagi, saluant une décision « qui s’imposait ».

  •  Thomas Thévenoud

Il a officiellement15841838579_3240460d9d_k marqué l’histoire de la Ve République avec le record du mandat gouvernemental le plus court. Neuf jours. C’est le temps qu’a occupé Thomas Thévenoud au poste de secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. La raison de ce départ précipité : des retards de paiement de ses impôts et dans ses déclarations fiscales. Une non-exemplarité citoyenne qui a fait écho à l’affaire Cahuzac de 2012, dont il était d’ailleurs le vice-président de la commission d’enquête. Son cas a également fédéré des milliers de français autour d’une pétition réclamant sa démission.

 

 

  • Kader Arif

386553347_f663e3dc35_bLui aussi était un proche de François Hollande…et lui aussi a dû claquer la porte. Kader Arif, secrétaire d’Etat aux anciens combattants, a quitté son poste le 21 novembre. En cause, une perquisition menée quelques semaines avant par la police judiciaire qui enquêtait sur l’attribution de marchés publics à des proches de Kader Arif.

 

Une information rapportée d’une source judiciaire…par Mediapart.

  • Faouzi Lamdaoui6905547915_ebd430a65a_bSurnommé le « couteau suisse » ou le « majordome » de François Hollande, Faouzi Lamdaoui s’est rajouté le 3 décembre sur la liste des lieutenants déchus du chef de l’Etat. Cité à comparaître dans une affaire de blanchiment et d’abus de biens sociaux, le conseiller à l’égalité et à la diversité du président de la République a du quitter précipitamment ses fonctions.

 

  • Yamina Benguigui

11084073626_7eff7da3a9_kTout comme Kader Arif ou Faouzi Lamdaoui, la volonté d’ouvrir des postes gouvernementaux à des personnalités issues de l’immigration était présente. Ancienne ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui incarnait cette diversité. Un métissage qui aura pris fin en mars 2014 après une déclaration de patrimoine sous-estimée. Une persona non grata au gouvernement, mais également au Conseil de Paris, puisque la maire Anne Hidalgo avait également demandé sa démission du Conseil de Paris durant la même période.

  • Jean-François Copé

Chef de l’opposition, lui qui se projetait déjà sur 2017 en sa qualité de président de l’UMP, Jean-François Copé a connu un destin plus tragique. Accusé de surfacturations présumées au sein de l’UMP, notamment dans le cadre des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, l’ancien fan de pains au chocolat s’est retrouvé embourbé dans une affaire Bygmalion qui l’a décrédibilisé politiquement et dont la situation a largement été raillé comme le montre cette vidéo :

[youtube width= »640″ height= »360″]https://www.youtube.com/watch?v=-oaGXYZE00w[/youtube]

Ce départ précipité a d’ailleurs laissé le champ libre pour celui qui a repris les rennes du pouvoir de droite : Nicolas Sarkozy.

  • Jean-Luc Mélenchon

François Hollande est « pire » que Nicolas Sarkozy. Voilà la raison qui a poussé Jean-Luc Mélenchon a poursuivre le combat autrement qu’en tant que Président du Front de Gauche. Un geste fort qu’il espère salvateur pour le pays et qui fera bouger les lignes. « C’est la règle du jeu qu’il faut changer. Il faut que les français aillent au bout de leur dégoût, du rejet de la caste qui les dirige. » a-t-il déclaré. Fervent défenseur du concept de VIe République, sa démission ferait surtout suite à des tensions en internes sur le fonctionnement du parti.

  • Arnaud Montebourg

Cette démission est significative de la restructuration de la ligne politique de François Hollande durant son quinquennat. Membre des « frondeurs », il a donc quitté son poste respectif de Ministre de l’Economie. Suite à un discours prononcé à Frangy-en-Bresse le 24 août où il contredisait clairement la politique du gouvernement, la démission ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, le protagoniste était écarté.

[youtube width= »640″ height= »360″]https://www.youtube.com/watch?v=8HJf4Plvuvk[/youtube]

 

  • Benoit Hamon

Lui aussi appartient au mouvement des frondeurs, lui aussi était présent à Frangy-en-Bresse, et lui aussi a quitté le gouvernement. Ancien ministre de l’Education nationale, l’ancien candidat à la primaire du PS ne se reconnaissait pas non plus dans la politique de François Hollande. « Il aurait été incohérent, alors que j’ai exprimé un désaccord, que je reste au gouvernement » avait-il déclaré au moment de sa démission, le 25 août 2014.

Ce top 10 permet de mettre en lumière la véritable information politique de 2014 : Entre faiblesse, désespoir et scandales politico-financiers, ce discrédit de la classe politique aura profité à un acteur devenu majeur : le Front National. Revendiquant son statut de « premier parti de France », le mouvement de Marine le Pen est plus que jamais en ordre de marche pour la présidentielle de 2017.

Jordan Lesueur, 3F

Écrit par Jordan Lesueur