L’e-sport : plongée dans un sport 2.0

Le tournoi « All Star » de Barcelone a fermé ses portes le mardi 13 décembre au soir. Une fois encore, l’e-sport a rassemblé des milliers de personnes. Un phénomène qui ne cesse de croître au point que son chiffre d’affaires pourrait atteindre les 1,5 milliard d’euros en 2020. Des recettes qui n’ont rien à envier aux plus grandes fédérations de sport.

Le terme ne vous est peut-être pas encore familier. Mais il commence à faire son chemin. Reconnu comme un vrai sport depuis peu, l’e-sport a su se faire une place importante dans le monde sportif et dans celui du jeu vidéo. Mais qu’est-ce que l’e-sport ? Contraction des mots « électronique » et « sport », l’e-sport désigne le fait de jouer en réseaux et à plusieurs. Une activité qui peut se pratiquer par le biais de consoles vidéo ou bien par ordinateur. C’est dans les années 1980, avec l’apparition d’internet, que le rêve habite les premiers « e-fans », impatients de s’affronter à plusieurs et en public, sur internet dans les jeux de stratégies, de tirs et de sport. Les premières compétitions officielles voient le jour en 1990 : « Ce sont les jeux très populaires comme Starcraft I, Counter-strike et Quake qui ont lancé le e-sport », explique Camille, joueur amateur.

En France, l’e-sport existe depuis une dizaine d’années. En 2006, le palais omnisports de Paris Bercy recevait ainsi l’ESWC, la « Coupe du Monde des Jeux Vidéos ». Les joueurs s’y étaient rassemblés pour s’affronter entre équipes e-sports sous les yeux émerveillés des fans ayant acheté leur ticket comme pour aller voir un match de foot.

D’après une étude SuperData datant d’avril 2016, le marché européen d’e-sport compte plus de 23 millions de fans et est estimé à plus de 300 millions de dollars.

CA e-sport ©SuperData

Audience e-sport ©SuperData

 

Les raisons du succès 

L’e-sport explose grâce à l’évolution de la technologie et des usages sur internet, notamment la généralisation du streaming gratuit. Ce sont des plateformes telles que Dailymotion, Youtube ou encore Twitch qui permettent aux e-fans de voir en direct les compétitions. Celles-ci ouvrent gratuitement leurs tuyaux aux diffuseurs ce qui permet d’attirer de plus en plus de spectateurs. « Ce genre de sites contribue à faire venir plus de monde dans les évènements e-sportifs ou à suivre depuis chez eux les prestations des joueurs », analyse Bertrand Amar, co-fondateur de la société Ban Bang Management, qui encadre les joueurs d’e-sport. Un phénomène qui a contribué à rendre l’e-sport beaucoup plus populaire. Et au marché de se développer. Les joueurs sont devenus professionnels et sont aujourd’hui de réelles stars. Un phénomène qui attire de nombreux annonceurs : les espaces publicitaires se vendent de mieux en mieux et les fonds amassés permettent aujourd’hui aux Web TV de se développer et d’améliorer leur contenu.

Esport ©Wikipedia

Quand l’e-sport rencontre le (vrai) sport

Cet essor ne laisse pas indifférent le monde du sport, en particulier les clubs de football professionnel, qui nouent des alliances avec les structures d’e-sport. Aujourd’hui, ils sont une vingtaine à avoir franchi le pas. En France, le PSG fait figure de pionnier, mais la Ligue 1 est à la traîne face aux quatre autres grands championnats européens : Wolfsburg et Schalke 04 en Bundesliga allemande ; la Sampdoria en Serie A italienne ; Valence en Liga espagnole ou encore Manchester City et West Ham en Premier League anglaise.

Capture d’écran Compte Twitter @Aymeric Marolleau

Ces partenariats ont un réel impact pour les clubs. C’est tout d’abord une excellente façon d’attirer de nouveaux fans. Rappelons que le marché du e-sport représente plus de 250 millions de fans dans le monde : « Le Paris Saint-Germain entend renforcer ses liens avec ces millions de passionnés, conquérir de nouveaux fans, et faire rayonner sa marque à travers le monde », a martelé le club lors de ce rapprochement. Un nouveau public qui lui permet d’ailleurs d’obtenir des contrats sponsoring plus intéressants.

 

Laura Anglionin et Emma Iannetta

Écrit par iejpedago