Le silence stratégique de François Hollande

Comme des bruits de couloirs au siège du Parti Socialiste, rue de Solférino, certains annoncent une possible candidature de François Hollande pour les primaires de la gauche. Pas d’inversion de la courbe du chômage, pas de nouvelle candidature promettait le Président lors de sa campagne en 2012: l’annonce est-elle obsolète ?

Et, si le plan pour le chômage exposé ce Lundi 18 Janvier par le Président était une manoeuvre intelligente pour approcher des élections présidentielles avec ou sans primaire. Bien que le principal intéressé ne se prononce pas sur une possible candidature, les mesures prises notamment sur l’emploi résonnent avec une volonté de renouveler son quinquennat. Pourquoi les mesures sur le chômage arrivent-t-elles un an avant les campagnes présidentielles ? Un chef d’Etat sous silence, impatient de voir si la courbe du chômage diminuera dans les prochains mois grâce à ses annonces qui prennent de cours ses collègues.

L’INSEE indique dans un rapport publié en ce début d’année 2016, que le nombre de demandeurs d’emploi diminue de 0.4% contrairement au taux de chômage progressant de 0.2%. Samedi 16 Janvier lors de l’émission « On n’est pas couché » diffusé sur France 2, Manuel Valls laisse entendre qu’il est inutile d’organiser des primaires car  « François Hollande est le candidat naturel de la gauche ». Attitude exemplaire et jugée positive lors des attentats, en revanche l’Hexagone compte toujours 2,9 millions de chômeurs.

 

Le silence du Président apparaît comme un signal fort: rester concentré sur ses prochains travaux et prouver qu’il ne se laisse pas disperser par les messes basses au sein même de son parti. Aucune sous intention ? Pas si sûre, le cas de Nicolas Sarkozy en est le parfait exemple lors des élections de 2012. Un mandat pas exceptionnel, une défaite fracassante et un retrait temporaire de l’UMP. Or, Nicolas Sarkozy a rallié il y a un an sa famille politique sous le nom Les Républicains.

Un silence maîtrisé pour me chef de l’Etat car pour le moment, on parle d’une primaire ouverte pour la gauche avec au casting les communistes et les écologistes, François Hollande n’a pour l’heure aucune crainte vis-à-vis de ses adversaires toutefois davantage d’attentes pour les 66 millions de Français.

Bastien Berthod

Écrit par Bastien Berthod