Le selfie : narcissisme ou réelle maladie mentale ?

Photo : Deux adeptes du selfie, une pratique devenue incontournable  crédit : Renato Podestá Castilho

Selon une étude récente, se prendre trop souvent en selfie traduirait une addiction mentale appelée le « selfitis ». Mais peut-on considérer le selfie comme étant réelement dangereux ?

L’autoportrait, plus communément appelé le selfie est devenu un rituel incontournable dans cette ère du numérique. Une pratique devenue banale à l’échelle planétaire. L’Université de Notthingham Trent au Royaume-Uni et la Thiagarajar School of Management en Inde ont réalisé une étude suite au terme « selfitis » (en français : « selfite ») qui avait été inventé en 2014 par le site d’information satirique Snopes.

Parue dans la revue médicale britannique The International Journal of Mental Health and Addiction, les chercheurs ont analysé l’état d’esprit par rapport à ce type de photo de 400 personnes en Inde. Sur les 30 décès dans le monde à cause d’un autoportrait, 14 se trouvent en Inde.

Même Emmanuel Macron, président de la République, est adepte du selfie

Différents degrés d’addiction

L’étude se concentre sur les facteurs qui entraînent l’addiction au selfie. Ils soumettent ainsi aux participant des propositions qu’ils notent sur une échelle de 1 à 5.

Parmi les réponses,  on retrouve des affirmations telles que : « Je me sens en confiance quand je prends un selfie», « A travers mes posts de selfie, je deviens un membre important de mon groupe social» ou encore « Prendre des selfies me permet de réduire mon niveau de stress».

Les chercheurs ont établi trois degrés d’addictions au selfie. Le selfie sévère, à savoir prendre des autoportraits trois fois par jour et tous les poster sur les réseaux sociaux. Le selfie  à risque lui, constitue à se prendre en photo trois fois par jour sans les publier et le selfie chronique  met en exergue l’envie continuelle de se prendre en photo toute la journée et la publier sur tous les réseaux sociaux .

En France, les addictologues ne semblent pas prendre cette maladie très au sérieux. Ils la considèrent comme une banale action du quotidien, et le décrire comme une pathologie relève du stupide. Selon Elsa Laurent, psychologue et addictologue à Courbevoie (Hauts-de-Seine), prendre des selfies n’est pas reconnu comme une maladie mentale. « Se prendre en photo ne relève en aucun cas d’une addiction, c’est une dépendance narcissique plus qu’autre chose. » explique t-elle. «Pour moi, ces adolescents qui se prennent en photo, c’est uniquement pour renforcer leur narcissisme, pour se rassurer mais on peut pas parler d’addiction car il n’y a pas de symptômes particuliers.» Et vous, pour ou contre le selfie ?

Mehdi Bautier

Illustré par Benjamin Teil

Écrit par IEJ3B