Le panarabisme, un projet toujours d’actualité

Photo: Le panarabisme un projet qui n’arrive toujours pas à se concrétiser (Crédit : Wikimédia Commons)

Malgré de multiples tentatives, l’unité arabe n’a jamais vraiment vu le jour durant ces dernières décennies. À une époque où des zones d’échanges économiques et politiques se font partout dans le monde, il est important pour les pays du Machrek et du Maghreb de surmonter leur divisions politiques pour plus de coopérations économiques. Un rapprochement de cet envergure permettrait de renforcer le dynamisme d’une région toujours en proie à des problèmes de développement.

 

Deux semaines après que Donald Trump est reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, l’unité arabe semble inévitable pour que ces pays soient en mesure de se confronter sur le plan diplomatique aux grandes puissances. Mais les fragmentations et les conflictualités qui résident dans cette région sont un frein pour plus de coopération. Si Nasser (un des président égyptien à l’origine du panarabisme) a entrepris le panarabisme, il a rapidement été contraint de faire machine arrière face aux différences structurelles entre les pays.

Sur le plan démographique, une nation comme l’Égypte, avec près de cent millions d’habitants, écrase un petit royaume comme le Bahreïn qui en comptent cent fois moins. En ce qui concerne leurs ressources, certains états comme l’Arabie Saoudite ou l’Algérie regorgent d’hydrocarbures, quand d’autres comme la Jordanie ou la Tunisie possèdent très peu de ressources naturelles. Ces derniers dépendent encore des importations pour survivre. Ils ont besoins de coopérations et d’échanges avec les autres pays arabes pour pouvoir générerait des retombées profitables à tous ces peuples.

Une meilleure intégration régionale rééquilibrerait le rapport de force avec le reste du monde en terme de commerce et d’investissements. Elle serait aussi un facteur de paix dans une région en proie à des déséquilibres politiques permanents. Les États-Unis et l’Occident sont à la base de ces déséquilibres qui pèsent sur cette région depuis près d’un siècle et ils auront toujours leur mot à dire tant que l’unité arabe ne sera pas suffisamment dissuasive. Mais le projet est en suspens.

 

Un projet constamment remis en question

 

Depuis ses débuts, le panarabisme est incapable d’incorporer dans son système de pensée les minorités ethniques et religieuses du Machrek et du Maghreb. Dans une région qui connaît une pluralité de la pensée et de la pratique de la religion musulmane, il est difficile d’imaginer une entente politique entre des états qui refusent d’assimiler plusieurs courants de pensées.

Alors que leur bagage culturel commun, notamment celui de la langue, les prédisposent à un sentiment d’appartenance à une même civilisation, leurs différents problèmes à entreprendre le processus de démocratisation ne les incites pas à séparer les pouvoirs. Cela pourrait créer une grande coopération politique entre les pays de la région.

Mais leurs intérêts mutuels sont-ils de nature à inciter les pays arabes à plus d’intégration sur le plan économique et politique ? Alors que le monde arabe est confronté au déclin de sa rente pétrolière, d’autres secteurs de croissance sont à identifier afin de profiter des retombées des avantages comparatifs. Parmi les pays arabes, certains possèdent déjà des secteurs d’activité prometteurs, comme le tourisme en Tunisie et au Maroc ou le textile en Jordanie. Mais diversifier l’économie n’a de sens que si les barrières douanières sont favorables à des échanges interrégionaux.

Mais le Proche-Orient et l’Afrique du Nord possèdent les barrières douanières parmi les plus élevées du monde, ce qui explique que les échanges commerciaux interrégionaux soient proportionnellement parmi les plus faibles et dominés, lorsqu’ils existent par les monarchies du golfe.

Si le panarabisme veut voir le jour, il faut que le processus de démocratisation se propagent dans la région afin que les dirigeants des pays arabes mettent leur propre intérêt au service de l’intérêt général.

Jules Montané

Edité et illustré par Benjamin teil

Écrit par IEJ3B