Le monde selon Primark

L’enseigne d’habillement low-cost a inauguré ce mercredi 14 décembre à Evry son dixième magasin sur le sol français. Déjà présente dans 10 pays européens, la firme irlandaise entend implanter dans l’Hexagone son système économique basé sur des embauches locales et une réduction maximale des coûts de production. 

Hystérie dans les rayons, caddies pleins et files d’attente interminables : Primark déchaîne les passions. Arrivé en France à Marseille en 2013, Primark a ouvert, le 14 décembre, un nouveau magasin de 5.000 mètres carré à Evry dans l’Essonne. Pour l’inauguration, la foule était au rendez-vous.

Les élus locaux, notamment le maire d’Evry, ont également répondu présent. Il faut dire Primark emploie 4.200 personnes en France et exerce une politique d’embauche au niveau local qui ravirait n’importe quelle municipalité. La stratégie de Primark repose en effet sur son implantation en périphérie des grandes villes. La firme privilégie les embauches locales de demandeurs d’emploi et, dans l’idéal, qui n’ont jamais travaillé. L’ouverture d’un magasin est l’occasion pour les ressources humaines de l’enseigne de former et d’accompagner des jeunes en recherche d’emploi.

À l’instar de Créteil ou Aulnay-sous-Bois, où Primark s’est déjà implantée, Evry est une ville très jeune. La moyenne d’âge y est de 27 ans. Primark affirme y avoir déjà embauché 420 personnes.

Des prix imbattables 

Le succès de Primark, qui s’attend à une affluence record pour les fêtes, repose avant tout sur ses prix attractifs. Il est en effet rare que le prix des pulls, pantalons ou chaussures dépasse 20 euros. Ces tarifs sont rendus accessibles par une baisse maximale des coûts de production. La firme produit en masse et surtout dans des pays où le prix de la main d’oeuvre est très faible, comme au Bangladesh.

Ce type de manoeuvre est rendu possible par une politique fiscale avantageuse au niveau européen. L’UE a en effet supprimé les droits sur les marchandises importées depuis ce type d’état.

 

Primark fait également des économies en marketing. La société ne communique pas,  excepté sur les réseaux sociaux, et ne dispose pas de plateforme de vente en ligne. Elle espère ainsi créer une véritable attente autour des produits qui baissent régulièrement de prix en fonction de leur succès.

Les bénéfices sont au rendez-vous, le chiffre d’affaires de Primark étant de 7 milliards d’euros en 2016 et en hausse de 9% par rapport à 2015. Fort de 320 magasins répartis dans le monde, l’entreprise emploie au total plus de 60.000 personnes.

Le concurrent assumé d’H&M et Zara

Bien que présent en France depuis seulement trois ans, Primark peut se targuer de grignoter d’année en année les parts de marché d’enseignes bien installées comme H&M et Zara. L’Institut français de la mode estime qu’en 2016, la firme irlandaise se classe au treizième rang des enseignes d’habillement avec 2 % de part de marché. En terme de volume, Primark se classe dans le top 20 des enseignes européennes, au même niveau de Monoprix.

Fort de son succès, Primark ne cesse de grandir. Le magasin de Créteil a par exemple doublé de volume en 2016, passant de 4.000 à 8.000 mètres carrés. Le tout en doublant les effectifs et en réduisant les prix. Produire plus et proposer des prix imbattables, voilà la stratégie payante de Primark.

Mais ce succès a un revers. De nombreux salariés de Primark dénoncent des conditions de travail dégradantes et dévalorisantes au sein de la société. Au point de rogner sur les droits des employés… De là à dire que plus la marque grandit, moins notre modèle économique progresse, il n’y a qu’un pas.

Kevin Savornin

 

 

Écrit par iejpedago