Le MMA, discipline polémique

Ce mardi 8 novembre, deux parlementaires missionnés par le Premier ministre remettent un rapport prônant la reconnaissance progressive et l’encadrement du MMA (Mixed Martial Arts). Deux semaines plus tôt, un arrêté avait été publié au Journal officiel, interdisant l’organisation de compétitions de la discipline, jugée trop violente. Alors interdit, ou pas, pourquoi ce sport pose-t-il autant problème ?

« MMA », ce sigle ne cesse de susciter la polémique. Un sport de combat hybride qui mélange des influences du judo, des boxes anglaise et thaïlandaise, de la lutte, et du ju-jitsu. La discipline rencontre un succès exceptionnel aux Etats-Unis, et même dans plusieurs pays européens. Mais en France, ce sport où tous les coups sont permis ne fait pas l’unanimité et a toujours du mal à trouver sa place.
« On estime entre 20 000 et 50 000 le nombre de pratiquants en France, et environ 700 associations qui proposent des cours de MMA», indiquait Patrick Signal, député socialiste de l’Hérault, dans un article de l’Express. Il a été chargé par le Premier ministre, d’une mission sur le MMA avec Jacques Grosperrin, sénateur LR. Pour ce faire, ils ont interroqé une centaine de personnes : des pratiquants du MMA, des préfets, des universitaires, des sociologues des médecins et des membres de fédérations sportives. « Au départ, j’avais des a priori, je voyais les combattants comme des pitbulls qui s’affrontent dans une cage et peuvent se frapper au sol. Mais nous avons souhaité faire un travail approfondi pour se faire un avis en notre âme et conscience. »
Pour l’entraîneur de la MMA Factory, Fernand Lopez Owonyebe, « le MMA séduit parce que les gens sont attirés par le combat qui se rapproche le plus de la réalité ». Ce club de référence à Paris voit ses effectifs gonfler chaque année, et contrairement aux idées reçues il ne fascine pas que dans les quartiers populaires.

Structurer et encadrer la discipline

Le problème est qu’aujourd’hui « n’importe qui peut enseigner le MMA », déplorent les connaisseurs du secteur. Sans diplôme officiel, il est impossible de définir ce qu’est le MMA et les qualités qu’il requiert pour l’enseigner. Pour avancer, Les politiques doivent trancher : interdire totalement la discipline, ou l’encadrer pour pouvoir exercer un contrôle et protéger la santé des sportifs. Les deux parlementaires souhaitent aller dans le sens d’un meilleur encadrement du MMA et d’une structuration sans condition. Ce qui est certain, le MMA n’a pas fini de faire parler de lui.

Thénaïs Gence

Écrit par iejpedago