Le laboratoire pharmaceutique Janssen France condamné

Siège social Janssen à Neuss en Allemagne (photo d’illustration.) © Crédit photo : Janssen Cilag sous licence cc

Le laboratoire pharmaceutique Janssen France, filiale du groupe américain Johnson & Johnson a été condamné à une amende de 25 millions d’euros pour avoir mener une campagne de dénigrement des génériques de son médicament, le Durogésic.

La Haute Autorité de la Concurrence a sanctionné Janssen France pour une campagne de dénigrement auprès de l’AFSSAPS (l’ancêtre de l’Agence nationale de sécurité du médicament) et des professionnels de santé pour «empêcher puis limiter le développement des médicaments génériques de Durogésic», selon le communiqué de l’ANSM. Une stratégie à double niveau, pour empêcher la création de médicaments génériques, puis pour limiter leur prescription depuis 2007. La sanction découle d’une plainte engagée en 2009 par le laboratoire Radiopharm.

Empêcher la mise sur le marché

La stratégie était prévue depuis 2005, date d’expiration du brevet avec des réunions en interne intitulée «Teal ANTI-Générique Durogésic» selon les documents saisis. En 2007, les pays européens avaient reçu la consigne de délivrer une autorisation pour la mise sur le marché des génériques. Janssen est donc intervenu a de nombreuses reprises et «de manière juridiquement infondées» auprès de l’AFSSAPS afin de «refuser l’octroi (…) du statut de génériques» à ses concurrents. Ces démarches ont fait gagner un an à Janssen.

Dénigrer les génériques auprès des médecins

S’ensuit alors des «commandos» de visiteurs médicaux, organisés dans une opération de dénigrement massive. Les professionnels de santé étaient encouragés à prescrire et vendre le Durogésic, plutôt que ses génériques. Au total, 300 visiteurs et des rencontres «confraternels» auprès de plus de la moitié des pharmacies françaises, pour diffuser un message mensonger, en déformant la vérité sur les effets secondaires des génériques. Selon la Haute autorité de la concurrence, 83% des pharmaciens ne se souvenaient que des «effets secondaires» des génériques.

Ce n’est pas la première fois qu’un laboratoire est sanctionné pour ce genre de pratique. Sanofi avait été condamné pour les mêmes motifs en 2012 (pour 40,6 millions d’euros) et le laboratoire américain Merck (pour 15,3 millions d’euros). Rappelons que Johnson & Johnson avait réalisé un bénéfice net de 16,54 milliards de dollars en 2016.

Louis Troadec

Edité par Léa Bitton

Illustré par Noa Bettan

Écrit par IEJ3B