Le Front National dans la ligne de mire

Une perquisition s’est déroulée ce matin au siège du Front National à Nanterre. Des doutes ont été soulevés sur les salaires de 20 assistants des élus du parti d’extrême droite.

Dure matinée pour le FN. Sur la vingtaine de personnes visées, cinq travailleraient pour Marine Le Pen et trois pour son père actuellement président d’honneur. Gérald Gérin est le premier sur la liste des suspects, son statut d’assistant de Jean-Marie Le Pen dans l’organigramme du parti, et à la fois assistant de l’euro-députée Marie-Christine Arnautu au sein du Parlement européen a très vite éveillé les soupçons.

Une enquête préliminaire avait été ouverte en mars 2015 par le parquet de Paris, à la suite d’un signalement du Parlement européen. Elle a été confiée aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Les enquêteurs soupçonnent le FN de payer ses cadres avec des fonds qui appartient à l’Europe alors qu’ils travaillent pour un parti français. Le parti pourrait être condamné pour abus de confiance. Le préjudice représenterait 7,5 millions d’euros au total.

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Les perquisitions avaient déjà débuté hier pour Nicolas Crochet, un expert-comptable proche du Front national,  qui est déjà mis en examen dans l’enquête distincte sur le financement du parti. L’appartement de Jean-Marie LePen à Saint Cloud avait également fait l’objet d’une fouille samedi dernier, après celle de Gérin. La formation réfute toute implication. Dans une note interne pour ses cadres, en mars 2015, elle assurait que son organigramme « ne préjuge en rien du statut des personnes qui y figurent » ni de leurs activités politiques.

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Fanta Bodian

Écrit par Fanta Bodian