Le départ de Al-Assad n’est plus une priorité

Situation Syrienne

Contrôlée par les forces de l’opposition, la ville d’Alep retombe peu à peu entre les mains du gouvernement syrien. Cette offensive brise la stratégie occidentale qui tente d’évincer progressivement Bachar Al Assad de la tête du pays. 

Damas est en passe de garder sa main mise sur le pays. Avec l’aide du croissant chiite et surtout des Russes, la ville d’Alep est aujourd’hui encerclée par les troupes de Bachar Al Assad, lui permettant ainsi de se réaffirmer comme le chef incontestable de la Syrie. Coup dur pour Paris qui espérait une transition politique qui aurait ensuite permis de s’allier avec ce qui seraient les futures forces armées du gouvernement, pour être présent militairement sur le sol syrien.

A l’inverse, la stratégie de Poutine, sous couvert d’une lutte contre le terrorisme, a pour objectif de garder Al Assad au pouvoir. Pas question pour Moscou de laisser partir son seul allié dans une zone à forte présence occidentale, et ainsi de renoncer à son unique présence militaire en Méditerranée via le port de Tartous.

Second problème, la Turquie ne veut plus laisser sa frontière grande ouverte aux migrants, qui estime que l’aide apportée par l’Union Européenne n’est pas suffisante. Ankara, obsédée par la question Kurde et l’unité nationale, ne place pas la lutte contre l’Etat islamique comme une priorité. La France se retrouve donc relativement seule face à Daech, encore plus qu’elle ne l’est face à Bachar Al Assad.

« Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar el-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des assurances pour le futur ».

Tel sont les mots de l’ancien ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans un entretien au « progrès de Lyon ». Avec la position assumée des russes, la crise migratoire et les attentats de novembre ; lutter sur les deux fronts, politique et militaire, est devenu une chose ardue pour la France. La priorité est donc donnée à la lutte contre l’EI, mais ne renonce pas à un futur départ du président syrien.

Léo Arthuys

Écrit par Leo Arthuys