La publication d’Antoine Griezmann déguisé en basketteur afro-américain dimanche soir sur Twitter a suscité des milliers de réactions indignées d’internautes. Si le joueur de football a présenté ses excuses, cet incident rappelle une vieille pratique américaine, le « Blackface ».

Le Blackface de l’acteur américain Bert Williams, années 1900.

Le « Blackface », ou le racisme ordinaire

Les Etats-Unis traînent un lourd passé ségrégationniste et raciste, et si les droits des minorités sont ont progressé dans la deuxième moitié du vingtième siècle, certaines pratiques sont restées tristement célèbres. Parmi elles, le « Blackface », action consistant à se déguiser -et se peindre le corps- en noir, afin de tourner en dérision la minorité afro-américaine.

Cette pratique, très présente dans le théâtre et le cinéma américains pendant plus d’un siècle, a largement disparu avec l’avènement des Droits Civiques à la fin des années soixante. L’aspect raciste de la chose est indissociable du Blackface, et son usage est perçu comme une réelle provocation. Avec le temps et les mouvements anti-racistes, le Blackface est devenu tabou aux Etats-Unis.

On comprend donc les milliers de personnes s’indignant du retour d’une telle pratique, même quand l’intention raciste est absente. Griezmann ne connaissait d’après ses dires pas cette pratique, comme beaucoup de gens n’ayant pas grandi et vécu en Amérique.

« Un acte raciste »

Si la star française s’est défendu de toutes interprétations haineuses, le CRAN, conseil représentatif des associations noires de France, a dénoncé un « acte raciste« , en expliquant que ça ne peut pas être une maladresse. Il a d’ailleurs appelé le gouvernement dans un communiqué publié sur son site web à « condamner clairement » ce genre de pratique. Le CRAN va même plus loin et fait le parallèle avec le fait de se déguiser « en juif », qui serait indubitablement un acte antisémite.

« Je sais combien ce grand joueur est attaché à des valeurs d’humanisme et d’ouverture, et engagé dans la lutte contre les discriminations. En aucune manière je ne peux imaginer que ce tweet, dont il s’est ensuite excusé, était mal intentionné. Malvenu, c’est certain. Mal intentionné, je ne crois pas », a fait savoir au HuffPost Laura Flessel, par la voix de son cabinet.

Rafaello Pisu

Écrit par IEJ3A