Langues régionales : le Sénat enterre le projet de loi

A quelques semaines des élections régionales, les sénateurs ont rejeté hier soir le texte qui devait permettre de ratifier la Charte des langues régionales minoritaires.

Les langues régionales sont une richesse pour la France et il faut les défendre. Si tout le monde s’accorde là dessus, surtout les politiques – encore plus en période d’élections régionales – le Sénat a pourtant enterré hier soir le projet de loi de ratification de la Charte européenne des langues régionales. Les groupes Les Républicains (LR), la majorité du groupe UDI ainsi que les divers droite ont voté une motion de procédure, entraînant un rejet automatique du projet de loi. Et même si les groupes de gauche, favorables à la ratification de la Charte, ont voté contre, la motion de procédure a été adoptée par 180 voix contre 155.

Échec pour François Hollande

Simple rejet sénatorial pour certains, véritable rejet politicien pour d’autres puisque la ratification de cette Charte était l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle de 2012.

« La question n’est pas de savoir si l’on est pour ou contre les langues régionales, mais si la ratification de la Charte est le meilleur moyen d’aider la diversité linguistique sans porter atteinte à notre modèle républicain. À cette question, je réponds non. » , a indiqué le chef des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau.

De son coté, la garde des Sceaux Christiane Taubira a déclaré : « La vraie question est celle de notre conception de la Nation. À mes yeux, celle-ci doit être capable de construire de l’harmonie sans étrangler sa diversité ».

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Drapeaux régionaux en berne

Ce rejet est une vraie déception pour les Bretons, les Corses, les Alsaciens, les Basques, les Occitans ou encore les Provençaux. Très attachés à leurs régions, plusieurs milliers de personnes s’étaient encore mobilisées ce week end dans toute la France pour tenter de mettre la pression sur les sénateurs.

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Ces défenseurs des langues régionales réclament un statut juridique, une place dans l’enseignement dans les écoles ou encore une reconnaissance dans les médias. Cette charte obligerait les États signataires à reconnaître les langues régionales et minoritaires en tant qu’expression de la richesse culturelle et imposerait donc une modification de la Constitution française, qui indique actuellement que « la langue de la République est le français ».

 

Avec ce rejet, la France fait une fois encore exception en Europe puisque 24 de ces voisins, dont l’Allemagne, la Hongrie, l’Autriche ou encore l’Espagne ont déjà ratifié cette charte.

Solène Quillot

Écrit par Solène Quillot