L’ambitieux Dreem d’Hugo Mercier

CEUX QUI VONT MARQUER 2018. Hugo Mercier est à la tête de Rythm, une start-up qui entend résoudre les problèmes de sommeil. Retour sur le parcours hors du commun de ce petit génie, fils et petit-fils de catcheur.

Tout juste arrivés dans l’immeuble haussmannien hébergeant la start-up Rythm, le ton est donné : « Hugo aura 30 minutes à vous accorder, pas plus, il a un emploi du temps serré« , nous prévient la chargée de communication, en tapotant sa montre.

Hugo Mercier arrive, sans prendre la peine de retirer son manteau. En-dessous, on aperçoit son look simple et dynamique – chemise, jean, baskets – qui évoque son jeune âge, 25 ans.

Issue d’une famille de sportifs, fils et petit-fils de catcheur, il préfère les livres. Ce petit génie décroche son bac à 14 ans, avant d’enchaîner avec Polytechnique. Il y fait la rencontre marquante de Quentin Soulet de Brugière, de deux ans son aîné. De leur envie commune naît Dreem, un bandeau qui doit, selon ses créateurs, résoudre les problèmes de sommeil de 80% de ses utilisateurs.

Génie des sciences

Passionné de neuro-sciences et d’informatique dès 8 ans, Hugo Mercier aide ses professeurs à développer un site internet. Il sait déjà qu’il fera les choses en grand : rechercher, créer, développer. Une inspiration et un goût du « challenge » qui lui viennent (en partie) d’Elon Musk, patron des voitures électriques Tesla : « Il a raison, si on se fait chier à monter une boîte autant viser quelque chose de très ambitieux. »

Ses parents ne sont pas étrangers à son succès : « Fils unique, mes parents me couvent beaucoup et sont très fiers de moi. Très tôt, j’ai appris le management en aidant mon père à organiser ses shows de catchs. Le goût des sciences m’est venu par ma mère [infirmière]. »

Sa soif d’apprendre et son envie de repousser les limites le poussent à partager sa vie entre Paris et San Francisco. La découverte du système américain l’a d’ailleurs rendu patriote : « Là-bas, tu paies ta santé, tu paies ton éducation… Il y a très peu d’aides de l’Etat. »

« Je me nourris des qualités de toute mon équipe »

Pour Hugo Mercier, chaque membre de l’équipe Dreem apporte aujourd’hui sa pierre à l’édifice. Un état d’esprit qu’il a voulu transmettre à ses collaborateurs.

Lorsqu’on l’interroge sur ses qualités de manager, le jeune homme se décrit comme « gratifiant » certes, mais aussi « dur« . Ce n’est pourtant pas le ressenti de son équipe. « Hugo a le souci du détail, ce qui nous pousse à toujours donner le meilleur de nous même », évoque Pierrick Arnal, ingénieur travaillant sur le bandeau Dreem. Un souci du détail, selon l’ingénieur, à la hauteur de son ambition : « C’est une personne très ambitieuse et il sait quelle direction doit prendre Rythm ».

 

Hugo Mercier dit beaucoup s’inspirer du co-fondateur d’Apple, Steve Jobs, pourtant souvent dépeint comme génie tyrannique. Le jeune Français préfère se souvenir de la liberté accordée à son équipe, tout en gardant un contrôle et un suivi sur chaque étape des travaux.

C’est l’analyse partagée par Mathieu Choplin, chez Rythm depuis les débuts, en tant que simple stagiaire en marketing. Aujourd’hui, il dirige du pôle marketing, et confie : « Hugo m’a donné sa confiance et m’a donné rapidement des responsabilités. » Fédérateur, pertinent et gratifiant, telles sont les caractéristiques prédominantes lorsque l’équipe parle de celui qui s’impose comme moteur de l’entreprise.

Hugo Mercier admet beaucoup travailler, prendre très peu de vacances. Il se tient à son objectif : révolutionner le sommeil de millions de personnes.

Julie Paris-Hurni et Sacha Guittonneau

Écrit par Julie Paris-Hurni

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