La Tunisie manifeste contre le mariage des mineures

Suite à l’union forcée d’une fillette de 13 ans à son violeur, la Tunisie s’insurge. Mercredi 14 décembre, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Parlement tunisien afin de réclamer la suppression d’une loi permettant à un homme d’échapper à toutes poursuites pour relation sexuelle avec une mineure s’il épouse sa victime. 

Réputée pionnière sur le droit des femmes, la Tunisie vient de faire un pas en arrière. De quoi révolter les habitants. Le 13 décembre, le tribunal en première instance du Kef a en effet autorisé le mariage d’une fillette de 13 ans avec une membre de sa famille qui la mise enceinte suite à un viol.

De nombreuses associations de défense de l’enfance dénoncent un viol pur et simple et appel à manifester. Parallèlement à la manifestation, une pétition a été mise en ligne sur internet exigeant la suppression de l’article 227bis.

Hier devant le Parlement tunisien, les protestataires, pour la plupart des femmes ont scandés : « A bas l’article 227 bis« , « Loi rétrograde« , « Révisez l’article de la honte« . D’autres brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Il l’a violée une fois, la loi lui a permis de la violer chaque nuit« , ou encore « La perpétuité pour le viol d’une mineure et pas le mariage« .

Qu’est-ce que l’article 227bis ? 

Cet article du Code pénal tunisien punit d’une peine de six ans de prison toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis« , mais précise que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites« .

Dans la foulée des manifestations, le porte-parole du parquet du Kef a déclaré que le procureur général du tribunal s’était constitué partie civile et réclamait l’annulation de la décision judiciaire ayant autorisé ce mariage. « On attend la décision du président du tribunal pour que la partie civile puisse réclamer un procès« , dans le cas où la famille de la jeune fille continuerait de soutenir un tel mariage, a-t-il ajouté.

Samanta Beltra 

Image à la une : capture d’écran Youtube, vidéo AFP

Écrit par iejpedago