La technologie au service du patrimoine archéologique

À l’occasion de l’exposition « Sites Éternels » au Grand Palais à Paris, plusieurs expériences numériques au service de l’archéologie ont été développées. Objectif : compléter sa visite et approfondir ses connaissances, tout en faisant revivre des monuments en danger.

C’est l’une des priorités affichées du ministère de la Culture et de la Communication. Face aux destructions et aux menaces pesant sur le patrimoine archéologique du Proche-Orient, Aurélie Filippetti, l’ancienne ministre de la Culture, a souhaité placer le numérique au service de la mémoire de ces sites. Des sites où il est aujourd’hui pratiquement impossible de se rendre, ouverts au plus grand nombre grâce aux reconstitutions numériques et à la réalité virtuelle. Un appel aux dons a même été lancé auprès des particuliers et entreprises avec pour objectif de produire des images d’archives inédites, des vues aériennes à l’aide de drônes, ou encore des modèles 3D de ces sites archéologiques en danger.

La réalité augmentée sur et en dehors de l’exposition

Au coeur du Grand Palais, un espace dédié à la découverte du site de Palmyre numérisé en 3D, avant et après sa destruction. Cette expérience est réalisée avec des tablettes, grâce à la technologie de réalité augmentée Tango, utilisée pour la première fois au service du patrimoine culturel. Sur un écran géant, les sites archéologiques renaissent avec une précision et un réalisme saisissants. Les visiteurs peuvent également suivre sur tablette la reproduction interactive et en volume de Palmyre, et notamment observer la destruction de son arche pièce par pièce, et sa reconstruction simulée. Une impression domine, celle d’être au beau milieu de l’oasis de Palmyre, en plein désert de Syrie.

En complément de la visite physique de l’exposition, l’Institut Culturel de Google et la Rmn-GP ont créé des vidéos à 360° de ces “sites éternels”. Un dispositif permettant de visiter les sites exposés depuis n’importe quel appareil connecté à Internet.

ICONEM, une start-up française spécialiste de la numérisation en 3D

Une société bien moins puissante que Google et la RMN-GP, s’attache également à faire revivre en 3D le patrimoine détruit par Daech. Il s’agit d’ICONEM. Une start-up française unique au monde, présidée par Yves Ubelmann, architecte de formation spécialisé dans la représentation et la documentation des sites archéologiques, et Philippe Barthelemy, ancien pilote d’avion et d’hélicoptère.

Ces deux explorateurs se sont rendus en décembre 2015 en Syrie, équipés de drônes. Avec en tête un projet : le « Syrian Heritage ». En partenariat avec Microsoft, l’Inria et l’École Normale Supérieure, la société a pour ambition de créer « la plus grande base de données archéologiques 3D. » Un travail remarqué, désormais ouvert à tous au Grand Palais, comme s’en est réjouit Khalila Hassouna, directrice commerciale de la start-up : « L’exposition utilise des données qui ont été collectées dans le cadre de notre projet « Syrian Heritage ». Cela nous permet de présenter notre projet de manière un peu différente. Habituellement, nous les présentons d’une manière scientifique puisque nos travaux sont utilisés par des archéologues en premier lieu. Avec cette exposition, nous avons l’occasion de montrer nos travaux sous une forme destinée au grand public. »  Un moyen de transmettre ces connaissances et le devoir de mémoire d’un patrimoine exceptionnel.

 

 

Sylvain Labourdette

 

 

 

Écrit par Sylvain Labourdette